SCENE I. - LAONICE, TIMAGÈNE
Enfin ce jour pompeux, cet heureux jour nous luit»
Qui d'un trouble si long doit dissiper la nuit,
Ce grand jour où l'hymen, étouffant la vengeance,
Entre le Parthe et nous remet l'intelligence,
Affranchit sa princesse, et nous fait pour jamais
Du motif de la guerre un lien de la paix;
Ce grand jour est venu, mon frère, où notre reine,
Cessant de plus tenir la couronne incertaine,
Doit rompre aux yeux de tous son silence obstiné,
De deux princes gémeaux' nous déclarer l'aîné :
Et l'avantage seul d'un moment de naissance.
Dont elle a jusqu'ici caché la connoissance,
Mettant au plus heureux le sceptre dans la main,
Va faire l'un sujet, et l'autre souverain.
Mais n'admirez-vous point que cette même reine
Le donne pour époux à l'objet de sa haine,
Et n'en doit faire un roi qu'afin de couronner
Celle que dans les fers elle aimoit à gêner?
Rodogune, par elle en esclave traitée.
Par elle se va voir sur le trône montée ,
Puisque celui des deux qu'elle nommera roi
Lui doit donner la main et recevoir sa foi.
TIMAGÈNE
Pour le mieux admirer trouvez bon, je vous prie. Que j'apprenne de vous les troubles de Syrie. J'en ai vu les premiers, et me souviens encor