a Jumeaux
6 RODOGUNE
Des malheureux succès du grand roi Nicanor,
Quand, des Parthes vaincus pressant l'adroite fuite,
Il tomba dans leurs fers au bout de sa poursuite.
Je n'ai pas oublié que cet événement
Du perfide Tryphon fit le soulèvement.
Voyant le roi captif, la reine désolée,
Il crut pouvoir saisir la couronne ébranlée ,
Et le sort, favorable à son lâche attentat,
Mit d'abord sous ses lois la moitié de l'État.
La reine, craignant tout de ces nouveaux orages,
En sut mettre à l'abri ses plus précieux gages;
Et, pour n'exposer pas l'enfance de ses fils,
Me les fit chez son frère enlever à Memphis'.
Là, nous n'avons rien su que de la renommée,
Qui, par un bruit confus diversement semée.
N'a porté jusqu'à nous ces grands renversemens
Que sous l'obscurité de cent déguisemens.
LAONICE
Sachez donc que Tryphon, après quatre batailles, Ayant su nous réduire à ces seules murailles, En forma tôt le siège, et, pour comble d'effroi. Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi. Le peuple épouvanté, qui déjà dans son âme Ne suivoit qu'à regret les ordres d'une femme , Voulut forcer la reine à choisir un époux. Que pouvoit-elle faire et seule et contre tous? Croyant son mari mort, elle épousa son frère». L'effet montra soudain ce conseil salutaire. Le prince Antiochus, devenu nouveau roi, Sembla de tous cotés traîner l'heur avec soi : La victoire attachée au progrès de ses armes Sur nos fiers ennemis rejeta nos alarmes; Et la mort de Tryphon dans un dernier combat. Changeant tout notre sort , lui rendit tout l'État. Quelque promesse alors qu'il eût faite à la mère De remettre ses fils au trône de leur père 3, Il témoigna si peu de la vouloir tenir, Qu'elle n'os? jamais les faire revenir.
A^ant régné sept ans, son ardeur militaire Ralluma cette guerre où succomba son frère* : Il attaqua le Parthe , et se crut assez fort