‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 307 sur 343 · SCÈNE II. —DIRCÉ, MÉGARE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. —DIRCÉ, MÉGARE

DIRCÉ

Mégare, que dis-tu de cette violence?

Après s'être emparé des droits de ma naissance,

Sa haine opiniâtre à croître mes malheurs

M'ose encore envier ce qui me vient d'ailleurs.

Elle empêche le ciel de m'ètre enfin propice,

De réparer vers moi ce qu'il eut d'injustice.

Et veut lier les mains au destin adouci

Qui m'offre en dautres lieux ce qu'on me vole ici.

MÉGARE

Madame, je ne sais ce que je dois vous dire. La raison vous anime, et l'amour vous inspire : Mais je crains qu'il n'éclate un peu plus qu'il ne faut, Et que celte raison ne parle un peu trop haut. Je crains quelle n'irrile un peu trop la colère D'un roi qui jusqu'ici vous a traitée en père, Et qui vous a rendu tant de preuves d'amour, Qu'il espère de vous quelque chose à son tour.

DIRCÉ

S'il a cru m'éblouir par de fausses caresses. J'ai vu sa politique en former les tendresses; Et ces amusemens de ma captivité Ne me font rien devoir à qui m'a tout ôté.

MÉGARE

Vous voyez que d'^mon il a pris la querelle, Qu'il l'estime, chérit.

DIRCÉ

Politique nouvelle.

MÉGARE

Mais comment pour Thésée en viendrez-vous à bout'

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