‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 339 sur 343 · SCÈNE VIII. - THÉSÉE, DIRCÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. - THÉSÉE, DIRCÉ

DIRCÉ

Parmi de tels malheurs que sa constance est rare! Il ne s'emporte point contre un sort si barbare; La surprenante horreur de cet accablement Ne coûte à sa grande âme aucun égarement; Et sa haute vertu, toujours inébranlable. Le soutient au-dessus de tout ce qui l'accable.

THÉSÉE

Souvent, avant le coup qui doit nous accabler, La nuit qui l'enveloppe a de quoi nous troubler; L'obscur pressentiment d'une injuste disgrâce Combat avec effroi sa confuse menace :

Mais, quand ce coup tombé vient d'épuiser le sort Jusqu'à n'en pouvoir craindre un plus barbare effort,

Ce trouble se dissipe, et cette âme innocente, Qui brave impunément la fortune impuissante, Regarde avec dédain ce qu'elle a combattu, Et se rend tout entière à toute sa vertu.

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