SCÈNE III. - PHOCAS, PULCHÉRIE. HÉRACLIUS, CRISPE
PHOCAS, à Pulchérie.
Dis, si tu veux encor, que ton cœur la souhaite.
(a Héraclius.) Approche, Martian, que je te le répète : Cette ingrate furie, après tant de mépris, Conspire encor la perte et du père et du fils : Elle-même a semé cette erreur populaire D'un faux Héraclius qu'elle accepte pour frère; Mais quoi qu'à ces mutins elle puisse imposer, Demain ils la verront mourir , ou t'épouser.
HÉRACLIUS
Seigneur....
PHOCAS
Garde sur toi d'attirer ma colère.
HÉRACLIUS
t)ussé-je mal user de cet amour de père,
Étant ce que je suis, je me dois quelque effort
Pour vous dire, seigneur '. que c'est vous faire tort,
Et que c'est trop montrer d'injuste défiance
De ne pouvoir régner que par son alliance :
Sans prendre un nouveau droit du nom de son époux,
Ma naissance suffit pour régner après vous.
J'ai du cœur, et tiendrois l'empire même infâme,
S'il falloit le tenir de la main d'une femme.
PHOCAS
Eh bien ! elle mourra, tu n'en as pas besoin.
HÉRACLIUS
De vous-même, seigneur, daignez mieux prendre soin. Le peuple aime Maurice-, en perdre ce qui reste
4 . Le sens de la phrase est : Je dois vous dire^ quoi qu'il m*en coûta