PROLOGUE
Te fera voir en lui le plus grand des Bourbons. Son père et son aïeul tout rayonnans de gloire . Ces grands rois qu'en tous lieux a suivis la Victoire, Lui voyant emporter sur eux le premier rang, En deviendroient jaloux s'il n'étoit pas leur sang. Mais vole dans mon char, muse; je veux tapprendre Tout l'avenir d'un roi qui t'est si précieux.
MELPOMÈNE
Je sais déjà ce qu'on doit en attendre . Et je lis chaque jour son destin dans les cieux.
LE SOLEIL
Viens donc, viens avec moi faire le tour du monde;
Qu'unissant ensemble nos voix, Nous fassions résonner sur la terre et sur l'onde Qu'il est et le plus jeune et le plus grand des rois.
MELPOMÈNE
Soleil, j'y vole; altends-moi donc, de grâce.
LE SOLEIL
Viens, je t'attends, et te fais place.
MELPOMÈNE vole daus le char du Soleil , et ^y ayant pris place auprès de lui. ils unissent leurs voix, et chantent cet air à la louange du roi. Le dernier lers de chaque couplet est répété par le chœur de la musique.
Cieux, écoutez; écoutez, mers profondes;
Et vous, antres et bois.
Affreux déserts, rochers battus des ondes, Redites après nous d'une commune voix : Louis e^t le plus jeune et le plus grand des rois.
La majesté qui déjà l'environne
Charme tous ses François;
Il est lui seul digne de sa couronne; Et, quand même le ciel l'auroit mise à leur choix, Il seroit le plus jeune et le plus grand des rois.
C'est à vos soins, reine, qu'on doit la gloire De tant de grands exploits ;
Ils sont partout suivis de la victoire; Et l'ordre merveilleux dont vous donnez ses lois Le rend et le plus jeune et le plus grand des rois.
LE SOLEIL
Voilà ce que je dis sans cesse Dans tout mon large tour.
Mais c'est trop retarder le jour:
Allons, muse, l'heure me Dresse.
124 ANDROMÈDE
Et ma rapidité Doit regagner le temps que sur cette province Pour contempler ce prince Je me suis arrêté.
%e Soleil part avec rapidité, et enlève Melpomène avec lui dans son char, pour aller publier ensemble la même chose au reste de l'univers.)