Binet, loc. cit
4. Voir R. Charles, article sur Saint Guingalois à Château-du- Loir, dans la Revue historique et archéologique du Maine, t. V (1879), i^"" semestre, p. 380; L. Froger, Ronsard ecclésiastique, p. 50; et ci-après les Pièces justificatives, n° VI.
Un mois plus tard, un appel désespéré, adressé par lui à son ami, nous le montre dans le plus triste état de santé, pensant bien «s'en aller avec les feuilles». C'est l'expression dont il se sert; mais, conservant une grande fermeté d'âme, il souhaite de disparaître le plus tôt possible, puisqu'il n'est sur terre qu'un fardeau inutile, iiiers terra pondus'.
« Quelques iours après, comme la douleur luy augmentoit, & que fes forces diminuoient, ne pouuant dormir pour l'indigeftion. Se grandes douleurs d'eftomach, qu'il fentoit, il enuoya quérir auec vn Notaire le Curé de Ternay, pour depofer le fecret de fa volonté, ouït la Meffe en grande deuotion, & s'eftant fait habiller premièrement, receut la Cheftienne Communion, ne voulant tant à fon aife receuoir celuy qui auoit tant enduré pour nous, regrettant fa vie pafTée, & en preuoyant vne meilleure. Ce fait, il fe fit deueftir & remettre au lid, difant : Me voila au lid attendant la mort, terme & paffage commun d'vne meilleure vie : quand il plaira à Dieu m'appeller, ie fuis tout preft de partir. Il renuoya le Notaire luy difant qu'il n'y auoit encore rien de prelïé, & qu'il fe portoit mieux après auoir mis toute i\\ fiance en Dieu-. »
Par une triste conséquence des désordres de cette époque si troublée, il ne put pas même jouir de la tranquillité suprême dont nous entourons les mourants : des bandes protestantes revenant du siège d'Angers mettaient l'Anjou et le Vendômois en alarme. Le moribond dut être transporté à Montoire, dans son bénéfice de Saint-Gilles, où il se trouvait un peu moins exposé qu'à Croixval. Ce fut là que le 30 octobre il fut rejoint par Galland. Après y avoir solennisé la fête de la Toussaint, il revint à Croixval, accompagné de son ami.