DUCHESSE DE SAVOIE
en faveur de Ronsard.
(Voir Léon Dorez, Revue d'Hisloirc littéraire de la Fiance de 1895, p. 83, note I.)
Au Roi.
(Bibliothèque nationale, manuscrits français, fonds Dupuy. n" 21 r, f" 28.)
Monleigneur, encores que je lâche l'honneur ti: bonne chère que vous faictes à moniieur de Ronflird pour ies louables vertus qui font telles qu'il n'a beloing d'aucune reconmandafion enuers voftre niajellé, fi est ce que l'ayant toufiours congneu des fon ieune âge (S: tous les fiens fort adfectionnés à voltrc couronne, j'ay bien ofé prendre la hardielle de vous fuplier très humblement, monfeigneur, luy voulloir donner quelque bonne abe\'e afin qu'il ne penfe plus à aultre choie qu'à clcripre vos louanges & à perpétuer voftre nom, & me femble, monfeigneur, que vous deuerics eRimer à grand heur d'auoir durant voftre règne vng tel peribnnage auprès de vous, car à la vérité c'est le premier de nofire temps, eftant eftimé tel non feulement par la France, mays par tous les lieux où les efcris font leuz des gens fçauans.
Monleigneur, fans l'amitié que je icay que vous luy portés, je vous eu dirois dauantage, mays, fâchant que vous congnoifTés allés fes mérites, je vous fupliray feullement encores vng coup de l'auoir pour reconmandé & moy très humblement à voitre bonne grâce, priant Dieu, Monfeigneur, vous donner autant d'heur \' de contantement que vous en fouliaicte
Voitre treshumble iv: trelbbeiiiante tante iS: fugete
Marc; \E RITE de Fraxci:.
A la Reine mère.
(Bibliothèque nationale, manuscrits français, n° 3182, f° 14.)
Madame, Encores que je loys bien affeurée de la bonne congnoiffance que vous auez des labeurs & mérites du (' de Ronfard 8c que pour fes vertuz & rares qualitez il vous (oit affez recommandé, fi ne veulx je faillir, pour le delir que j'ay de long temps eu de fon bien & aduancement & pour l'eiperance qu'il a toufiours eue en voftre aide & faueur, de vous efcripre ce mot de lettre en fa recommandation &: vous fupplyer, Madame, le vouloir tant pour l'amour de moy que pour fon refped mel'me tenir toufiours en voftre bonne grâce, & le pourueoir de quelque bénéfice, pour de plus en plus luy donner moyen de continuer les labeurs qu'il a jufques icy entreprins au profîid & honneur de toute la France. Et d'aultant. Madame, que je fuis certaine que telz perfonnaiges eftans congnuz de vous comme ledicl Ronfard eft ne peuuent finon trouuer fecours & aduancement en voftre endroict, je ne vous en feray pour ceftheure aultre plus humble prière, me remedant à la bonne volunté & faueur qu'il vous a tousjours pieu porter à ceulx qui vous ont efté recommandez de ma part, qui m'eft, Madame, vne obligation fi grande que je ne puis fmon vous en demourer toute ma vie redebuable, (S: lur ce point je me recommanderay treshumblement à voftre bonne grâce, priant Dieu vous donner, Madame, en lanté tresbonne & longue vie.
De Byelle ce iiij^ jour de May.
Voftre treshumble & treibbeilTante feur & fubgctte
Margvekti'e de France.
LETTRE DE CHARLES IX au Cardinal Henrique.
(Archives nationales de Portugal, corpo. cliron., part 2% ma. 248, doc. II. — Voyez Louis Froger, Ronsard ccclésîaslique, p. 70. — Cette pièce avait été signalée dans les Archives des Missions scientifiques et littéraires, 2*^ série, t. V, p. 74.)
A très excellent & très iliuftre prince notre très cher & très amé coufin le Cardinal infant de Portugal.
Très excellent & très iliuftre Prince, notre très cher & très amé coufin. Ayant entendu la finguliere afFedion que notre amé &; féal confeiller aulmoinier ordinaire, maiftre Pierre de Ronfard, gentilhomme Vandomoye, a au feruice, grandeur & profperité de l'ordre de la Croix du Chrift, & pour mieux s'y employer de paruenir au rang des Cheualiers dudit ordre, nous efcripuons prefentement à notre très cher & très amé bon frère & coufin le roi de Portugal, en faueur dudit de Ronlard, à ce que fon bon plaifir foit le y voulloir receuoir. Et fâchant combien vous pouuez pour luy en ceft endroid, nous auons bien voullu vous prier, comme nous faifons bien affedueulement, voulloir moyenner au dit de Ronfard cefte grâce enuers notre dit bon frère, de laquelle nous fommes affeurez qu'il l'en trouuera digne pour eftre perfonnaige très excellent en fçauoir & qui nous a faicts de grands & fignallés feruices à l'honneur de nous & de la republicque françoife nous eft grandement recommandé. Vous afleurant que nous receuerons à fingulier plaifir la faueur qui vous plaira luy impartir en notre confideration & dont nous nous fouuiendrons quand en pareil cas d'aulcune chofe nous voudrez requérir. Priant Dieu, très excellent & très iliuftre prince, vous auoir en fa fainte garde.
Efcript à Solfions, le xiiii^ jour de Novembre 1570.
Charles.