‹ Œuvres Completes de P.-J. de Beranger (volume 2)Chapitre 64 sur 153 · LE JOUR DE SA FÊTE · texte numérisé non relu

LE JOUR DE SA FÊTE

Air : Ainsi jadis un grand prophète.

Saluons de maintes rasades Ce docteur à qui je dois tant.

Mais, pour visiter ses malades, Je crains qu'il n'échappe à l'instant.

A ces soins son art le condamne, S'il vient un message ennemi.

Fiévreux, buvez votre tisane ; Laissez-nous fêter notre ami.

Oui, que ses malades attendent; Il est au sein de ramitié.

Mais vingt jeunes fous le demandent D'un air qui pourtant fait pitié.

De Vénus amants trop crédules, Sur leur état qu'ils ont gémh !

Eh ! messieurs, prenez des pilules ; Laissez-nous fêter notre ami.

Quoi ! ne peut-on venir au monde Sans l'enlever à ses enfants?

Certaine personne un peu ronde Réclame ses secours savants.

J'entends ce tendron qui l'appelle :

Les parents même en ont frémi.

N'accouchez pas, mademoiselle ; Laissez-nous fêter notre ami.

• Qu'il coule gaiment son automne, Que son hiver soit encor loin !

Puisse-t-il des soins qu'il nous donne N'éprouver jamais le besoin !

Puisque enfin dans nos embrassades Il n'est point heureux à demi, Mourez sans lui, mourez, malades ; Laissez-nous fêter notre ami.

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