A ANTOINE ARNAULT
MEMBRE DE L'iNSiTITCTT, LE JOUH DE SA FÊTE.
Air du ballet des Pierrots.
Je viens d' Montmartre avec ma béte Pour fêter ce maître malin, Et n' crains point qu'au milieu d* la fête Un bon mot m' renvoie au moulin.
On dit qu'avec plus d'un génie Antoin' prend plaisir à cela.
Nous qui u' somm's pas d' l'Académie, Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
U n' s'en tieiit pas à des saillies ; Dans plus d'un genre il est heureux.
* On trouvera peut-être que cette chanson, conainé beaucoup d'autres des miennes , était peu digne de voir le jour. En effet, je ne la livre à l'impression que parce qu'elle m'offre l'occasion de payer un tribut d'éloges à Tun de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu'elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m'ait pas permis d'y faire entrer l'expression de ma reconnaissance particulière pour l'homme excellent dont l'amitié me fut si longtemps utile, et me sera toujours précieuse. (1815).
J' sais mêm' qu'il fait des tragédies Quand il n'est pas trop paresseux'.
De la Merpomène idolâtre, Qu'il fass' mourir par-ci par-là.
Nous qui n' somm's pas d'z héros d' théâtre, Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
On m'assur' qu'il vient d' faire un livre Où c' qu'y a du bon, je 1' crois bien.
C docteur-là nous enseigne à vivre Par la bouch' d'un arbre ou d'un chien.
A messieurs les Polichinelles** Il dit : Vous en voulez, en v'ià.
Nous qui ti' tenons pas les ficelles.
Souhaitons-lui d* ces p'tits plaisirs-là.
A la cour il s' moqu'rait, je 1' gage, Mèm' de messieurs les chambellans.
De c' pays n'ayant point 1' langage, Il vant' la paix aux conquérants.
A d' grands seigneurs qui n' sont pas minces. Sans ramper, toujours il parla.
Nous qu'on n'a pas encor faits princes.
Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
Mais, quoiqu' malin, z'il est bon homme ;
* Je crois inutile de rappeler ici les succès dramatiques de l'auteur de Marins , des Vérdtiens , etc.
** Polichinelle est le héros d'une des plus jolies fables du recueil de M. Arnault, recueil apprécié par tous les gens de goût, et dont lu réputation ne peut aller qu'en augmentant.
Mais maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie ! ,
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ile, missa est, monsieur le curé !
Notre suisse, allongez le pas ; Surtout faites ranger ces dames.
La quête ne finira pas :
Le vicaire lorgne les femmes.
Ah ! si la gentille Babet Pour se confesser l'attendait !
Mais maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie !
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ile, missa est y monsieur le curé !
Curé, songez à la Saint-Leu :
Ce jour-là vous dîniez en ville.
Quel train vous nous meniez, morbleu!
On passa presque l'évangile.
En faveur de votre bedeau
Sautez la moitié du Credo.
Mais maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie !
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ite, missa est, monsieur le curé.