MA VOCATION
Air : Attendez-moi sous l'orme.
Jeté sur cette boule, Laid, chétif et souffrant ; Étouffé dans la foule, Faute d'être assez grand ; Une plainte touchante De ma bouche sortit :
Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit! {bis.)
Le char de l'opulence M'éclabousse en passant ; J'éprouve l'insolence Du riche et du puissant ; De leur morgue tranchante Rien ne nous garantit.
Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit !
■D'une vie incertaine Ayant eu de l'effroi, Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi.
La Uberté m'enchante, Mais j'ai grand appétit.
Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit I
L'Amour, dans ma détresse, Daigna me consoler ; Mais avec la jeunesse Je le vois s'envoler.
Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâtit.
Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit !
Chanter, ou je m'abuse.
Est ma tâche ici-bas.
Tous ceux qu'ainsi j'amuse Ne m'aimeront-ils pas ?
Quand un cercle m'enchante, Quand le vin divertit, Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit !