LA VERTU DE LISETTE
Point de cendre si bien éteinte
Qu'elle n'y retrouve du feu ;
Un marquis, dont lavie est sainte,
LE VOYAGEUR
Al» : Plus on Mt de foos, plw on rit (sam ia rq^riêe finale)
LE VIEILLARD
Voyageur, dont l'âge intéresse.
Quel chagrin flétrit tes beaux jours?
LE VOYAGEUR
Bon vieillard, plaignez ma jeunesse, En butte aux orages des cours.
LE VIEILLARD
Le sort est injuste sans doute , Mais n'est pas toujours rigoureux.
Dieu qui m'a placé sur ta route , Dieu t'offre un ami (éû*); sois heureux.
LE VOYAGEUR
Mes maux sont de tristes exemples Du pouvoir des dieux d'ici-bas.
Bientôt le crime aura des temples; Des palais il doit être las.
aa "ïsï^fsasa.
LE VOYAGEUR. a5i
LE VIELLIâRD.
Prends mon bras, car un long voyage Endolorit tes pieds poudreux.
Comme toi j'errais à ton âge.
Dieu t offre un ami ; sois heureux.
LE VOYAGEUR
Quand j'invoquai dans la tempête Ce Dieu qu'on dit si consolant , Les poignards levés sur ma tête Portaient gravé son nom sanglant.
LE VIEILLARD
Te voici dans mon ermitage ; Vei'sons-nous d'un vin généreux.
Hélas ! mon fils aurait ton âge.
Dieu t'offre un ami ; sois heureux.
LE VOYAGEUR
Non , il n'est point d'Etre suprême Qui seul peuple l'immensité , Et cet uilivers n'est lui-même Qu'une grande inutilité.
LE VIEILLARD
Vois ma fille , à qui ta détresse Arrache un soupir douloureux ;
a5a LE VOYAGEUR.
Elle a consolé ma veiUesse.
Dieu l'offre un ami; sois heureux.
LE VOTAGEUB.
Dans cette nuit profonde et triste Ce Dieu vient-il guider nos pas ?
Eh ! qu'importe enfin qu'il existe , Si pour lui nous n'existons pas ?
LE VIEILLARD
Voici ta couche et ta demeure :
Chasse tes rêves ténébreux.
Tiens-moi lieu du fils que je pleure.
Dieu t'offre un ami; sois heureux.
L'étranger reste ; il plaît , il aime , Et de fleurs bientôt couronné, Époux et père , il va lui-même Dire à plus d'un infortuné :
«Le sort est injuste sans doute, Mais n'est pas toujours rigoureux .
Dieu qui m'a placé sur ta route , Dieu t'offre un ami; sois heureux. »
OGTAVIE.
IMS.
Ain des Comédiens.
Viens parmi nous, qui brillons dé jeunesse. Prendre un amant, mais couronné de fleurs. Viens sous Tombrage, où, libre avec ivresse, La volupté seule a versé des pleurs.
Ainsi parlaient des enfants de l'empire A la beauté dont Tibère est charmé.
Quoi ! disaient-ils, la colombe soupire Au nid sanglant du vautour afifamé !
Belle Octavie ! à tes fêtes splendides. Dis-nous, la joie a-t-elle jamais lui ? Ton char, tramé par six coursiers rapides. Laisse trop loin les Amours après lui.
Sur un vieux maître, aux Romainsqu'elle outrage. Tant d'opulence annonce ton crédit ; Mais soiis la pourpre on sent ton esclavage; Et, tu le sais, l'esclavage enlaidit.
îi54 OCTAVIE.
Marche aux accords des lyres parasites ; Que par les grands tes vœux soient épiés. Déjà y dit-on , nos prêtres hypocrites Ont de leurs dieux mis Tencens à tes pieds.
Mais à la cour lis sur tous les visages , Traîtres y flatteurs ^ meurtriers , vils faquins. D'impurs ruisseaux , gonflés par nos orages , Font déborder cet égout des Tarquins.
Tendre Octavie , ici rien n'ef&rouche Le dieu qui cède à qui mieux le ressent. Ne livre plus les roses de ta bouche Aux baisers morts d'un fantôme impuissant.
Viens parmi nous , qui brillons de jeunesse , Prendre un amant y mais couronné de fleurs ; Viens sous Tombrage , où , libre avec ivresse , La Volupté seule a versé des pleurs.
Accours ici purifier tes charmes :
Les délateurs respectent nos loisirs.
Tous à leur prince ont prédit que nos armes Se rouilleraient à l'ombre des plaisirs.
Sur les coussins où la douleur l'enchaîne , Quel mal , dis- tu , vous fait ce roi des rois ?