OCTAVIE
Vois-le d'un masque enjoliver sa haine , Pour étouffer notre gloire et nos lois.
Vois ce cœur faux , que cherchent tes caresses , De tous les siens n'aimer que ses aïeux ; Charger de fers les muses vengeresses , Et par ses mœurs nous révéler ses dieux.
Peins-nous ses feux , qu'en secret tu redoutes , Quand sur ton sein il cuve son nectar, Ses feux infects dont s'indignent les voûtes Où plane encor l'aigle du grand César.
Tout sexe faible est oublieux des crimes ; Mais dans ces murs ouverts à tant de peurs , N'entends-tu pas des ombres de victimes Mêler leurs cris à tes soupirs trompeurs ?
Sur le tyran et sur toi le ciel gronde : Avec les siens ne confonds plus tes jours. Ah ! trop souvent la liberté du monde A d'un long deuil affligé les Amours.
Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse , Prendre un amant , mais couronné de fleurs ; Viens sous l'ombrage, où, libre avec ivresse, La Volupté seule a versé des pleurs.