‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 118 sur 167 · TREIZE A TABLE · texte numérisé non relu

TREIZE A TABLE

«Vois, me dit-elle; est-ce moi qu'il faut craindre? « Fille du ciel , l'Espérance est ma sœur. « Dis-moi , l'esclave a-t-il droit de se plaindre « De qui l'arrache aux fers d'un oppresseur?

• Je reviendrai , poursuit-elle , et ton ame

« Ira franchir tous ces mondes flottants,

« Tout cet azur, tous ces globes de flamme

« Que Dieu sema sur la route du Temps.

a Mais , quand au joug elle rampe asservie ,

o Goûte sans crainte un bonheur sans remord. ■.

Que le Plaisir use en paix notre vie j

Non, mes amis , je ne crains plus la Mort.

Ma vision passe et fuit tout entière

Aux cris d'un chien hurlant sur notre seuil.

Ah ! l'homme en vain se rejette en arrière

Lorsque son pied sent le froid du cercueil.

Gais passagers , au flot inévitable

Livrons l'esquif qu'il doit conduire au port.

Si Dieu nous compte , ah ! restons treize à table ;

Non , mes amis, je ne crains plus la Mort.

LAFAYETTE EN AMÉHIQUE.

Air : A soixaote ans il ne faut pae remettre.

Républicains , quel cortège s'avance?

— Un vieux guerrier débarque parmi nous.

— Vient-il d'un roi vqus jurer l'alliance?

— II a des rois allumé le courroux.

— Est-il puissant ? — Seul il franchit les ondes.

— Qu'a-t-il donc fait ? — Il a brisé des fers.

Gloire immortelle à l'homme des deux mondes !

Jours de triomphe , éclairez l'univers !

Européen , partout , sur ce rivage Qui retentit dç j oyeuses clameurs , Tu vois régner, sans trouble et sans servage , La paix y les lois, le travail et les mœurs, Des opprimés ces bords sont le refuge, La tyrannie a peuplé nos déserts^ L'homme et ses droits ont ici Dieu pour juge. Jours de triomphe, éclairez l'univers!

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