‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 119 sur 167 · LAFAYETTE EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

LAFAYETTE EN AMÉRIQUE

Mais que de sang nous coûta ce bien-être ! Nous succombions ; Lafayette accourut , Montra la France , eut Washington pour maître , Lutta, vainquit y et l'Anglais disparut. Pour son pays, pour la liberté sainte, Il a depuis grandi dans les revers.

Des fers d'Olmultz nous efFaçons l'empreinte. Jours de triomphe, éclairez l'univers !

Ce vieil ami que tant d'ivresse accueille , Par un héros ce héros adopté, Bénit jadis, à sa première feuille, L'arbre naissant de notre liberté.

Mais aujourd'hui que l'arbre et son feuillage Bravent en paix la foudre et les hivers , Il vient s'asseoir sous son fertile ombrage. Jours de triomphe , éclairez l'univers !

Autour de lui vois nos chefs , vois nos sages ; Nos vieux soldats , se rappelant ses traits ; Vois tout un peuple et ces tribus sauvages A son nom seul sortant de leurs forets. L'arbre sacré sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts : Les vents au loin porteront sa semence. Jours de triomphe , éclairez l'univers !

a8o LAFAYETTE EN AMERIQUE.

L'Européen , que frappent ces paroles , Servit des rois, suivit des conquérants : Un peuple esclave encensait ces idoles; ^ Un peuple libre a des honneurs plus grands. Hélas ! dit il , et son œil sur les ondes Semble chercher des bords lointains et chers Que la vertu rapproche les deux mondes ! Jours de triomphe , éclairez l'univers!

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