‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 121 sur 167 · CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMANS · texte numérisé non relu

CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMANS

Air : A soixante ans il ne faut pas remettra

Nous triomphons ! Allah ! gloire au prophètel Sur ce rocher plantons nos étendards.

Ses défenseurs y illustrant leur défaite , En vain sur eux font crouler ses reaiparts. Nous triomphons , et le sabre terrible Va de la croix punir les attentats. Exterminons une race invincible :

Les rois chrétiens ne la vengeront pas.

N'as-tu , Chios , pu sauver un seul être Qui vînt ici raconter tous tes maux** ? - Psara tremblante eût (}échi sous son maître. Où sont tes dis , tes palais , tes hameaux ?

a. Voir ies noies à la fin du volume.

a84 PSARA.

Lorsque la peste en ton ile rebelle

Sur tant de morts menaçait nos soldats ' ,

Tes fils mourants disaient : N'implorons qu elle ;

Les rois chrétiens ne nous vengeront pas.

Mais de Chios recommencent les fêtes ;

Psara succombe , et voilà* ses soutiens !

Dans le sérail comptez combien de têtes

Vont saluer les envoyés chrétiens.

Pillons ces murs ! de For ! du vin ! des femmes !

Vierges , l'outrage ajoute à vos appas.

Le glaive après purifîra vos âmes :

Les rois chrétiens ne vous vengeront pas.

L'Europe esclave a dit dans sa pensée :

Qu'un peuple libre apparaisse ! et soudain...

Paix ! ont crié d'une voix courroucée

Les chefs que Dieu lui donne en son dédain.

Byron offrait un dangereux exemple;

On les a vus sourire à son trépas.

Du Christ lui-même allons souiller le temple :

Les rois chrétiens ne le vengeront pas.

A notre rage ainsi rien ne s'oppose :

Psara n'est plus , Dieuvient de l'effacer. Sur ses débris le vainqueur qui repose Rêve le sang qu'il lui reste à verser.

PSARA. a85

Qu'un jour Stamboul*^ contemple avec ivresse Les derniers Grecs suspendus à nos mâts ! Dans son tombeau faisons rentrer la Grèce : Les rois chrétiens ne la vengeront pas.

Ainsi chantait cette horde sauvage.

Les Grecs ! s'écrie un barbare effrayé. La flotte hellène a surpris le rivage " , Et de Psara tout le sang est payé.

Soyez unis , ô Grecs ! ou plus d'un traître Dans le triomphe égarera vos pas.

Les nations vous pleureraient peut-être ; Les rois chrétiens ne vous vengeraient pas.

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