‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 129 sur 167 · LA MÉTEMPSYCOSE · texte numérisé non relu

LA MÉTEMPSYCOSE

X'iR du vaudeville de la llohe et les Bottes.

Grand partisan de la métempsycose , En philosophe, hier, sur l'oreiller, De mes penchants pour connaître la cause , J'ai mis moname en train de babiller.

Elle m'a dit : Tu me dois un beau cief ge , Car sans iBôn souffle au néant tu restais ; Mais jusqu'à toi je n'arrivai point vierge. | — Ah ! mon ame , je m'en doutais , |

Je m'en doutais , je m'en doutais.

Je m'en souviens , oui , dit-dle , humble lierre ,

J'ai couronné jadis des fronts joyeux ;

Puis , échauffant plus subtile matière ,

Petit oiseau , je saluai les cieux.

Dans le boôage> auprès des pastourelles ,

Je voltigeais , je sautais , je chantais ;

L'indépendance agrandissait mes ailes.

3oa LA. MÉTEMPSYCOSE.

— Ah ! mon ame , je m'en doutais , le m'en doutais ^ je tn*en doutais.

Je fîis Médor 9 des chiens le plus habile , Qui I d*un aveugle unique et sûr appui , Entre ses dents sut prendre une sébile j Guider son maître et mendier pour lui.

Utile au pauvre , au riche sachant plaire ^ Pour nourrir l'un , chez l'autre je quêtais. J'ai fait du bien , puisque j'en ai fait faire. — Ah ! mon ame , je m'en doutais ^ Je m'en doutais y je m'en doutais.

Puis j'animai la beanté d'une fille.

Que j'étais bien dans ma douce prison !

Mais de mon gite on s'empare , on le pille ;

Tous les Amours y mettent garnison.

En vrais soudards ils y faisaient esclandre ;

Et jour et nuit , du coin que j'habitais ^

A la maison je voyais le feu prendre.

— Ah ! mon ame , je m'en doutais , Je m'en doutais , je m'en doutais.

Sur tes penchants , que mon récit t'éclaire ; Mais , dit mon ame, apprends aussi de moi Qu'au ciel un jour ayant osé déplaire y Pour m'en punir. Dieu m'enferma chez toi.

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