‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 34 sur 167 · MA LAMPE · texte numérisé non relu

MA LAMPE

Si, comme Sapho qu'elle égale , Elle eût, en proie à deux penchants, Des Amours ardente rivale , Aux Grâces consacré ses chants , Parny, près d'une Éléonore, Ne l'aurait pu voir sans effroi.

Veille , ma lampe , veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Combien a pleuré sur nos armes Son noble cœur de gloire épris !

De n'être pour rien dans ses krmes L'Amour alors parut surpris.

Jamais au pays qu'elle honore Sa lyre n'a manqué de foi.

Veille , ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Aux chants du nord on fait hommage Des lauriers du Pinde avilis ; Mais de leur gloire sois l'image , Toi , ma lampe , toi qui pâlis.

A ton déclin je vois l'aurore Triompher de l'ombre et de toi ; Tu meurs , et je relis encore Les vers charmants de Dufresnoy.

!^!3 lâOSI sajiw.

Air: Tout le long de la rivière.

Un jour, le bon Dieu s'éveillant Fut pour nous assez bienveillant ; Il met le nez à la fenêtre :

ce Leur planète a péri peut-être. »

Dieu dit , et l'aperçoit bien loin Qui tourne dans un petit coin.

Si je conçois comment on s'y comporte, Je veux bien , dit-il , que le diable m'emporte , Je veux bien que le diable m'emporte.

Blancs ou noirs , gelés ou rôtis , Mortels, que j'ai faits si petits , Dit le bon Dieu d'un air paterne ; On prétend que je vous gouverne , Mais vous devez voir, Dieu merci, Que j'ai des ministres aussi.

Si je n'en mets deux ou trois à la porte, Je veux, mes enfants, que le diable m'emporte , Je veux bien que le diable m'emporte.

Pour vivre en paix , vous ai-je en vain Donné dès filles et du vin ?

A ma barbe, quoi ! des pygmées , M'appelant le Dieu des armées , Osent , en invoquant mon nom , Vous tirer des coups de canon !

Si j'ai jamais conduit une cohorte , Je veux, mes enfants , que le diable m'emporte , Je veux bien que le diable m'emporte.

Que font ces nains si bien parés Sur des trônes à clous dorés ?

Le front huilé, l'humeur altiére , Ces chefs de votre fourmilière Disent que j'ai béni leurs droits , Et que par ma grâce ils sont rois.

Si c'est par moi qu'ils régnent de la sorte , Je veux , mes enfants , que le diable m'emporte , Je veux bien que le diable m'emporte.

Je nourris d'autres nains tout noirs Dont mon nez craint les encensoirs.

Us font de la vie un carême , ^

En mon nom lancent l'anathème , Dans des sermons fort beaux , ma foi y Mais qui sont de Thébreu pour moi.

Si je crois rien de ce qu'on y rapporte, Je veux, mes enfants, que le diable m'emporte , Je veux bien que le diable m'emporte.

Enfants , ne m'en veuillez donc plus :

Les bons cœurs seront mes élus.

Sans que pour cela je vous noie , Faites Tamour , vivez en joie ; Marguez vos grands et vos cafards. Adieu, car je crains les mouchards.

A ces gens-là si j'ouvre un jour ma porte , Je veux, mes enfants», que le diable m'emporte^ Je veux bien que le diable m'emporte.

LE VIEUX DUAPEAll

ino.

Am : Elle aime à rire , elle diroe a boU'i*.

De mes vieux compagnons de gloire Je viens de me voir entouré ; Nos souvenirs m ont enivré , Le vin m'a rendu la mémoire.

Fier de mes exploits et des leurs , J'ai mon drapeau dans ma chaumière.

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Il est caché sous Thumble paille Où je dors pauvre et mutilé , Lui qui , sûr de vaincre , a volé Vingt ans de bataille eu bataille !

Chargé de lauriers et de fleurs , H brilla sur l'Europe entière.

±3 ^aoi^rs !ï)Eai^?[âil^.

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