‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 35 sur 167 · LE VIEUX DRAPEAU · texte numérisé non relu

LE VIEUX DRAPEAU

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Ce drapeau payait à la France Tout le sang qu'il nous a coûté.

Sur le sein de la Liberté Nos fils jouaient avec sa lance.

Qu'il prouve encore aux oppresseurs Combien la gloire est roturière.

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Son aigle est resté dans la poudre , Fatigué de lointains exploits.

Rendons-lui le coq des Gaulois ; Il sut aussi lancer la foudre.

La France , oubliant ses douleurs , Le rebénira, libre et fière.

Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?

Las d'errer avec la Victoire , Des lois il deviendra l'appui.

Chaque soldat fut, grâce à lui , Citoyen aux bords de la Loire.

Seul il peut voiler nos malheurs ; Déployons-le sur la frontière.

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