LE VIEUX DRAPEAU
Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Ce drapeau payait à la France Tout le sang qu'il nous a coûté.
Sur le sein de la Liberté Nos fils jouaient avec sa lance.
Qu'il prouve encore aux oppresseurs Combien la gloire est roturière.
Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Son aigle est resté dans la poudre , Fatigué de lointains exploits.
Rendons-lui le coq des Gaulois ; Il sut aussi lancer la foudre.
La France , oubliant ses douleurs , Le rebénira, libre et fière.
Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Las d'errer avec la Victoire , Des lois il deviendra l'appui.
Chaque soldat fut, grâce à lui , Citoyen aux bords de la Loire.
Seul il peut voiler nos malheurs ; Déployons-le sur la frontière.