‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 40 sur 167 · L'Espagne et Naples étaient alors en révolution · texte numérisé non relu

L'Espagne et Naples étaient alors en révolution

LA FORTUNE

Ain de la Sabolicro

Pan'

!pan!

Pan'

! pan!

Pan!

! pan!

Pan!

! pan!

est-ce ma brune , qui frappe en bas ?

c'est la Fortune ; je n'ouvre pas.

Tous mes amis , le verre en main , De joie enivrent ma chambrette.

Nous n'attendons plus que Lisette Fortune y passe ton chemin.

Pan ! pan ! est-ce ma brune , Pan 1 pan ! qui frappe en bas ?

Pan ! pan ! c'est la Fortune ; Pan ! pan ! je n'ouvre pas.

Si l'on en croit ce qu'elle dit , Sor or chez nous ferait merveilles.

LA FORTUNE. 91

Mais nous avons là vingt bouteilles , Et le traiteur nous fait crédit.

Pan ! pan ! est-ce ma brune , Pan ! pan ! qui frappe en bas ? Pan ! pan ! c'est la Fortune ; Pan ! pan ! je n*ouvre pas.

Elle offre perles et rubis , Manteaux d'une richesse extrême.

Eh ! que nous fait la pourpre même ?

Nous venons d'ôter nos habits.

Pan ! pan ! est-ce ma brune , Pan ! pan ! qui frappe en bas ?

Pan l pan ! c'est la Fortune :

Pan ! pan l je n'ouvre pas.

Elle nous traite en écoliers ^ Parle de gloire et de génie.

Hélas ! grâce à la calomnie , Nous ne croyons plus aux lauriers.

Pan ! pan ! est-ce ma brune , Pan ! pan ! qui frappe en bas ?

Pan ! pan ! c'est la Fortune :

Pan ! pan ! je n'ouvre pas.

LA FORTUNE

Loin des plaisirs j point ne voulons Aux deux être lancés par elle :

Sans même essayer la nacelle , Nous voyons s'enfler ses ballons.

Pan Pan Pan Pan

pan ! est-ce ma brune , pan ! qui frappe en bas ?

pan ! c'est la Fortune :

pan ! je n'ouvre pas.

Mais tous nos voisins attroupés Implorent ses faveurs traîtresses :

Ah ! chers amis , par nos maîtresses Nous serons plus gaiment trompés..

Pan ! pan ! est-ce ma brune , Pan î pan ! qui frappe en bas ?

Pan ! pan ! c'est la Fortune :

Pan ! pan ! je n'ouvre pas.

SLOoaa sa.

Aib: Sans un pHU brin d'amour, ou Air nouveau de M. Amédée de Bbauplan.

Heureux villageois , dansons :

Sautez , fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons , Musettes Et chansons !

Notre vieux roi , caché dans ces tourelles , Louis y dont nous parlons tout bas ,

Veut essayer, au temps des fleurs nouvelles , S'il peut sourire à nos ébats.

Heureux villageois ^ dansons :

Sautez f fillettes Et garçons !

i. On sait que ce roi, retiré au Plessis-lez-Toun avec Tristan , conGdent et exécuteur de ses cruautés, voulait voir quelquefois les paysans danser devant les fenêtres de son château.

Unissez vos joyeux sons. Musettes Et chansons !

Quand sur nos bords on rit, on chante , on aime,

Louis se retient prisonnier :

Il craint les grands , et le peuple , et Dieu même ;

Surtout il craint son héritier.

Heureux villageois , dansons :

Sautez , fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons , Musettes Et chansons !

Voyez d'ici briller cent hallebardes

Aux feux d'un soleil pur et doux.

N'entend-on pas le Qui vwe des gardes ,

Qui se mêle au bruit des verrous ?

Heureux villageois , dansons :

Sautez j fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons , Musettes Et chansons !

Il vient ! il vient! Ah ! du plus humble chaume

Ce roi peut envier là paix.

T^ voyez-vous , comme un pâle fantôme ,

A travers ces barreaux épais ?

Heureux villageois , dansons :

Sautez , fillettes Et garçons ! Unissez vos joyeux sons , Musettes £t chansons !

Dans nos hameaux quelle image brillante Nous nous faisions d'un souverain !

Quoi ! pour le sceptre une main défaillante ! Pour la couronne un front chagrin !

Heureux villageois , dansons :

Sautez , fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons , Musettes Et chansons !

Malgré nos chants , il se trouble , il frissonne :

L'horloge a causé son effroi.

Ainsi toujours il prend l'heure qui sonne ,

Pour un signal de son beffroi.

Heureux villageois , dansons :

Sautez , fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons , Musettes Et chansons !

Mais notre joie , hélas ! le désespère ;

Il fuit avec son favori.

Craignons sa haine , et disons qu'en bon père ,

A ses enfants il a souri.

Heureux villageois , dansons :

Sautez y fillettes Et garçons !

Unissez vos joyeux sons , Musettes . Et chansons !

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