‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 43 sur 167 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

d'un petit roi li UN PETIT DUC.

Air : Ah! daignez m'cpargner lureMe.

Salut ! petit cousin germain ' ; D'un lieu d'exil j'ose t'écrire.

La Fortune te tend la main ; Ta naissance Fa fait soiuûre.

Mon premier jour aussi fut beau ; Point de Français qui n'en convienne.

Les rois m'adoraient au berceau ; Et cependant je suis a Vienne ! {his, )

I. Le roi de Rome, par sa mcre^ fille d'une princesse de Kaples» était cousin des Bourbons de France, et issu de germain avec le duc de Bordeaux.

loa LES DEUX COUSINS.

Je fiis bercé par tes faiseurs De vers, de chansons , de poèmes ; Us sont, comme les confiseurs, Partisans de tous les baptêmes.

Les eaux d'un fleuve bien mondain Vont laver ton ame chrétienne : .

On m'offrit de Teau du Jourdain ; Et cependant je suis à Vienne !

Ces juges, ces pairs avilis.

Qui te prédisent des merveilles.

De mon temps juraient que les lis Seraient le butin des abeilles.

Parmi les nobles détracteurs De toute vertu plébéienne.

Ma nourrice avait des flatteurs ; Et cependant je suis à Vienne !

Sur des lauriers je me couchais ; La pourpre seule t'environne.

Des sceptres étaient mes hochets ; Mon bourlet fut une couronne.

Méchant bourlet, puisqu'un faux pas Même au Saint-Père ôtait la sienne.

Mais j'avais pour moi nos prélats ; Et cependant je suis à Vienne !

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