LES ADIEUX A LA GLOIRE
Adieu donc, pauvre Gloire !
Déshéritons l'histoire.
Venez , Amours , et versez-nous à boire.
Des tyrans par nous soudoyés La faiblesse est connue :
Gulliver éternue , Et tous les nains sont foudroyés.
Mais quelle image !
Non , plus d'orage ; De nos plaisirs redoutons le naufrage.
Opprimés , gémissez plus bas.
Que nous fait, dans un gai repas, Que l'univers souffre ou ne souffre pas ? Adieu donc, pauvre Gloire!
Déshéritons l'histoire.
Venez, Amours, et versez-nous à boire.
Du sommeil de la liberté Les rêves sont pénibles :
Devenons insensibles Pour conserver notre gaité.
Quand tout succombe, Faible colombe , Ma mvise aussi sur des ro§es retombe.
Lasse d'imiter l'aigle altier , Elle reprend son doux métier :
loo LES ADIEUX A LA GLOIRE.
Bacchiis m'appelle y et je rentre au quartier.
Adieu donc j pauvre Gloire !
Déshéritons Thistoire.
Venez , Amours, et versez-nous à boire.