PRÉFACE
Air du vaudeville de PrëviUe et Taeonnet
Allez 9 enfants né$ sous un autre règne ; Sous celui-ci quittez lé coin du feu.
Adieu! partez , bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.
On m'a crié : L'occasion est bonne ; Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez , enfants ; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Pour vos aînés que de pas et d'alarmes ! J^i vu Thémis m'ôter mon plus doux bien ; Car en prison le sommeil e$t san$ charmes ; Près du malheur on ne dort jamais bien* J'entends encor le verrou qui résonne, Et dans ma main fait trembler mes pipeaux,
|. Cette chanson est en tète du votome publié en isas.
PRÉFACE. i3j
Allez y enfants ; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Si Ion disait : La gai té vous délaisse , Vous répondrez (et pour moi j'en rougis) : « De notre père accusant la faiblesse , « Les plus joyeux sont restés au logis. » Ces égrillards iraient , d'humeur bouffonne , Pincer au lit le diable et ses suppôts. Allez , enfants ; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Vous passerez près d'mie ruche pleine , D'abeilles , non j mais de guêpes , je crois. Ne soufflez mot , retenez votre haleine ; Tremblez , enfants , vous qui jurez parfois ' ! Le dard caché qu'à ces guêpes Dieu donne A fait périr des bergers , des troupeaux. Allez , enfants ; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le repos.
Petits Poucets de la littérature,
S'il vient un ogre , évitez bien sa dent ;
Ou , s'il s'endort , dérobez sa chaussure ;
1. Dans plus d*ttn village, on croit encore que les abeilles se jcllent sur feux qui proférant des |nrons auprès de leur ruche.
j3G préface.
De s'en servir on peut juger prudent.
Non : qu'ai-je dit ? Ah ! la peur déraisonne : Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez y enfants; mais n'éveillez personne : Mon médecin m'ordonne le reposa
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i38 LA MUSE EN FUITE.
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi , de par le Roi.
Nous marchons y et je découvre L'asile des souverains.
Muse , la Fronde en ce Louvre Vit pénétrer ses refrains '.
Au Qui vive d'ordonnance Alors , prompte à s'avancer, La chanson répondait : France !
I^es gardes laissaient passer.
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi , de par le Roi.
La justice nous appelle De l'autre côté de l'eau.
Voici la Sainte-Chapelle Où l'on pria pour Boileau *.
S'il renaissait ce grand maître , Le clergé , remis en train ,
1. Jamais plus de chansons ne furent lancées de pari et d'autre qu'à l'époque de la Fronde; et Blot et Marigni, chansonniers du temps, ne furent Tobjet d*aucQne poursuite.
2. On sait que Boileau fut enterré dans Téglise située sous la Sainte-Chapelle, où Ton voyait le fameux lutrin qui inspira i'un des ouTr<\ge8 les plus parfaits de notre langue.
LA MUSE EN FUITE. iSg
En prison ferait peut-être Fourrer l'auteur du Lutrin.
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi, de par le Hoi.
i4o LA MUSE EN FUITE.
Pour peser une marotte ^ I^es balances de Thétnis.
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi , de par le Roi.
Elle fuit , et chez le jugé J'entre , et puis enfin je sors.
Mais devinez quel refuge Ma muse avait pris alors.
Gaiment avec la grisette D'un président, bon humain , Otte folle , à la buvette, Répétait le verre en main :
Suivez-moi !
C'est la loi.
Suivez-moi, de par le Roi.