DÉNONCIATION
Il prétend rire des entraves Qu'à la presse l'on vent donner.
Il croit à la gloire des braves; Pourriez-vons le lui pardonner ?
fl^'x DÉNONCUTION.
Il ose vantfep la musette Qui dans leurs maux les eonsola.
Messieurs les juges, qu'on arrête , Qu'on arrête cet homme-là.
Il prodigue la flatterie A ceux qui sont persécutés :
Il pourrait chanter la patrie , C'est un grand tort y vous le sentez.
De l'esprit qu'à ma muse il prête , Vengez^vous sur l'esprit qu'il a.
Messieurs les juges y qu'on arrête , Qu'on arrête cet homme-là.
i/l4 ADIEUX A LA CAMPAGNE.
Je leur lançai les traits de la satire ; Pour mon bonheur Tamour m'inspirait mieux. Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire; Échos des bois , répétez mes adieux.
Déjà leur rage atteint mon indigence * ;
Au tribunal ils traînent ma gaité ;
D'un masque saint ils couvrent leur vengeance :
Rougiraient-ils devant ma probité ?
Ah ! Dieu n'a point leur cœur pour me maudire :
L'Intolérance est fille des faux dieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;
Échos des bois, répétez mes adieux.
Sur des tombeaux si j'évoque la Gloire , Si j'ai prié pour d'illustres soldats , Ai -je à prix d'or, aux pieds de la Victoire , Encouragé le meurtre des états ?
Ce n'était point le soleil de l'empire Qu'à son lever je chantais dans ces lieux. Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Échos des bois, répétez mes adieux.
1. Lorsqac le recueil de 1821 parut, ce fat le ministère qui for^i les membres du conseil de TUniversiié d'ôter à l'auteur le modique emploi d'expéditionnaire qu'il occupait depuis douze ans. A u reste, on Tavait prévenu que, s'il faisait imprimer ses nouvelles chansons, il perdrait cet emploi.
ADIEUX A LA CAMPAGNE. i45
Que, dans Tespoir d'humilier ma vie, Bellart s'amuse à mesurer mes fers ; Même aux regards de la France asservie Un noir cachot peut illustrer mes vers. A ses barreaux je suspendrai ma lyre ; La Renommée y jettera les yeux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Échos des bois , répétez mes adieux.
Sur ma prison vienne au moins Philomèle ! Jadis un roi causa tous ses malheurs.
Partons : j'entends le geôlier qui m'appelle. Adieu les champs, les eaux, les prés , les fleurs. Mes fers sont prêts : la liberté m'inspire : Je vais chanter son hymne glorieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ; Échos des bois , répétez mes adieux.
n. xo