‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 68 sur 167 · LA PERTE DE MA PLACE A L^UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

LA PERTE DE MA PLACE A L^UNIVERSITÉ

Air de ta Treillç de sincérité.

Lise à l'oreille Me conseille ; Cet oracle me dit tout bas :

Chantez , monsieur , n'écrivez pas. ( bis. )

yn doux emploi pourrait vous plaire , Me dit Lise ; mais songez bien j Songez bien au poids du salaire j Même chez un vrai citoyen. ( bis 4 ) Rester pauvre vous est facile , Quand l'Amour, afin de l'user,

Vient remonter ce luth fragile Que Thémis a voulu briser.

Lise à l'oreille Me conseille ; Cet oracle me dit tout bas :

Chantez, monsieur, n'écrivez pas.

Dans remploi qu'un ami vous offre , Vous n'oseriez plus , vieil enfant , Célébrer au bruit de son coffre Les droits que sa vertu défend Vous croiriez voir à chaque rime Les sots y doublement satisfaits , De vos chansons lui faire un crime, Vous en faire un de ses bienfaits.

Lise à l'oreille Me conseille ; Cet oracle me dit tout bas :

Chantez, monsieur, n'écrivez pas.

Craignant alors la malveillance , Vous ririez moins de ce baron, Courtier de la Sainte-Alliance , Qui des rois s'est fait le patron.

Dans les fonds , de peur d'une crise ,

11 veut que les Grecs soient déçus ' ; Pour avoir X endos de Moïse , On fait banqueroute à Jésus.

Lise à l'oreille Me conseille; Cet oracle me dit tout bas :

Chantez, monsieur , n'écrivez pas.

Votre muse en deviendrait folle , Et croirait flatter en disant Que sur la droite du Pactole Intrigue et ruse vont puisant ; Tandis qu'une noble industrie Puise à gauche , et de toute part " Reverse à flots sur la patrie Un or dont le pauvre a sa part.

Lise à l'oreille

. Me conseille ; Cet oracle me dit tout bas :

Chantez, monsieur, n'écrivez pas.

1. On nVait alors secourir les Grecs, qui faisaient d^héroîques efforts pour recouvrer leur liberté-

2. On sait ce qu'étalent la gauche et la droile de la Chambre à cette

époque.

Ainsi mon oracle m'inspire , Puis ajoute ce dernier point :

Des distances Tamour peut rii*e ; L'amitié n'en supporte point.

Riche de votre indépendance , Chez Laffitte toujours fêté , En trinquant avec l'opulence Vous boirez à l'égalité.

Lise à l'oreille Me conseille ; Cet oracle me dit tout bas :

Chantez y monsieur, n'écrivez pas.

Page 1