‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 77 sur 167 · LE MAUVAIS VIN · texte numérisé non relu

LE MAUVAIS VIN

« Chantez Bacchus ainsi qu'un prêtre «c Parle de Dieu sans le connaître. »

Vive le vin qui ne vaut rien !

Notre belle s'en trouve bien.

Car, si tu portais à l'ivresse , Certaine Espagnole en détresse , Ce soir , pourrait bien , je le sens , Mettre à sec ma bourse et mes sens ; Et Lisette , qui tient ma caisse , Aurait à souffrir de la baisse.

Vive le vin qui ne vaut rien !

Notre raison s'en trouve bien.

Car, si tu réchauffais ma veine , Armé de vers forgés sans peine , Tout en chantant je tomberais Peut-être au milieu d'un congrès ; Puis j'irais , pour démagogie , En prison terminer l'orgie.

Vive le vin qui ne vaut rien !

Notre gaîté s'en trouve bien.

Car en prison l'on ne rit guère.

Mais , vin à qui je fais la guerre , Tu disparais , et sous mes yeux Mousse un nectar digne des dieux.

i88 LE MAUVAIS VIN.

Au risque d'une catastrophe , Versez-m'en , je suis philosophe.

Versez ! versez ! je ne crains rien ; Du bon vin je me trouve bien.

ih& (s&asmsiaas>a.

LA GANTHARIDE,

OU

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