‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 79 sur 167 · LA CANTHARIDE · texte numérisé non relu

LA CANTHARIDE

Tout bas ma bouche , insultant à mes larmes, Osait donner un nom à mes désirs.

Mon cœur brûlait ; hélas ! il brûle encore. Jamais breuvage aura-t-il cette ardeur Qui dans mon sang circule , me dévore y Et d'un long trouble accable ma pudeur?

Père cruel ! il fallait de ta fille Aux murs d'un cloître ensevelir les jours. Là Dieu du moins nous crée une famille , Là son amour éteint tous les amours.

Où donc est-il l'époux que ma jeunesse Avait rêvé jeune , beau , caressant ?

Entre ses bras ma pudique tendresse Eût été seule un philtre assez puissant.

De mon hymen , oui , la froideur me tue. D'un plaisir chaste allumons le flambeau : Ah ! cessons d'être ime vaine statue , Dont un mari décore son tombeau.

La tendre vieille a dit : « Soyez docile , a Et dès demain renaîtront vos couleurs; a Demain moi-même au seuil de votre asile « Je suspendrai deux couronnes de fleurs. »

ic)2 LA CANTHARIDE.

Meurs y il le faut; meurs , ô toi qui recèles Des dons puissants, à la volupté chers! Rends à l'Amour tous les feux que tes ailes Ont à ce dieu dérobés dans les airs.

LE TOURNËBROCHE.

AiB : Le birUit des rôuiettcs grue tout.

Èki dîneip j^aime fort la cloche , Mais on la sonne en peu d'endroits j Plus qu'elle aussi le toumebroche A nos hommages a des ^t*oits.

Combien d'etinemis il rappi*oche Chez le prince et chefc le bourgeois ! A son doux tic taé un jolir les partis Signeront la paix entre deux rôti*.

Qu'on reprentie sut la musqué Les querelles du temps passé } Que par l'Amphion italique Le grand M ojiart soit terrassé ; Je ne tiens qu'au refrain bachique Par le tournebroche annoncé.

A son doux tic tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Page 1