LA BONNE MAMAN
L'âge a-t-il éteint vos désirs?
Blàmez-vous les tendres chimères ? Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mères.
îïi4 LA BONNE MAMAN.
Les ans font-ils neiger sur nous, A nos yeux tout se décolore.
Bonne maman , consolez-vous; Vous ne blanchissez point encore.
L* Amour a peur des grand'mamans ; Mais y à prix d'or j combien de vieilles Ont à leurs gages des amants Dont les missives font merveilles !
On sait, pour lire un billet doux , Quel moyen prennent ces coquettes.
Bonne m^man, conso]ez-vous; Vous lisez eucor sans lunettes.
Quoi ! sans rides , sans cheveux blancs y £t sans lunettes, à votre âge !
Voyons si vos genoux tremblants Des ans n'attestent pas Toutrage.
Oui, je vois trembler vos genoux Que l'Amour tendrement caresse.
Bonne maman , consolez-vous ; Prenez un bâton de vieillesse.
%a 73iS!2><Dsi isaosâ.
Sa corde vivement pressée ,
Dès l'aurore d'un jour bien doux ,
ai6 LE VIOLON BRISK.
Annonçait à la fiancée I^e cortège du jeune époux.
Aux curé^ qui losaient entendre , Nos danses causaient moins d'effroi. La gaité qu'il savait répandre Eût déridé le front d'un roi.
S'il préluda, dans notre gloire, Aux chants qu'elle nous inspirait , Sur lui jamais pouvais-je croire Que l'étranger se vengerait ?
Viens , mon chien, viens , ma pauvre béte; Mange malgré mon désespoir.
Il me reste un gâteau de fête; Demain nous aurons du pain noir.
Combien sous l'orme ou dans la grange Le dimanche va sembler long!
Dieu bénira-t-il la vendange Qu'on ouvrira sans violon ?
Il délassait des longs ouvrages , Du pauvre étourdissait les maux \ Des grands, des impôts, des orages, Lui seul consolait nos hameaux.