‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 100 sur 199 · PASSEZ, JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

PASSEZ, JEUNES FILLES

AïK :

Dieu! quel essaim déjeunes lilles Passe et nîpasse sous mes yeux!

Au printemps toutes sont g(>ntilles; Toutes; mais quoi! me voilà vieux.

Cent fois redisons-leur mon âge ;

Les coeurs jeunes sont instmsés.

Endossons le manteau du sage.

Passez, jeunes fdles, passez.

Voilà Zoé qui me regarde.

Zoé, votre mère, entre nous.

Dirait de combien je retarde Quand vient l’heure du rendez-vous.

Pour un amant ell(> est sévère ;

S’il n’aime trop, il n’aime assez.

CHANSONS

Suivez les conseils d’une mère.

Passez, jeunes filles, passez.

Votre fçrand’mèrc, aimable Laure,

Des amours m’a transmis la loi.

Elle veut l’enseii;ner encore.

Bien qu’elle ait dix ans plus que moi. Au salon ou sur la pelouse,

I^ure, jamais ne m’agacez :

tlrand’maman est un peu jalouse.

Passez, jeunes filles, passez;

Rose, vous daignez me sourire.

Éprouvez-vous quelque accident?

(iliez vous, la nuit, ai-je oui dire.

On surprit un noble imprudent.

Mais la nuit fait place à l’aurore ;

Aux maris gatmenl vous cbass<'z.

Pour vous je suis trop jeune encore.

Passez, jeunes filles, passez.

Passez vite, folles et l)clles; l’n doux feu cause votre émoi.

Lraignez que quelques étincelles N'arrivenl de vous jusqu’à moi.

Sous les murs d’une poudrière Par le temps presque renversés,

I^a main devant votre lumière, Passez, jeunes filles, passez.

OK UKHANGKH.

LK

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