LA FORCE, I8J
AUI ; A soixante ans il ne faut pas remettre.
Pour un captif, souvenir plein de charmes!
J’étais bien jeune; on criait : Vengeons-nous!
A la Bastille! aux armes! vite, aux armes! Marchands, bourgeois, artisans couraient tous, (bis.) Je vois pâlir et mère et femme et fille ;
canon gronde aux rappels du tamliour. ibis.) Victoire au peuple! il a pris la Bastille! |
Un beau soleil a fôtc ce grand jour, )
A fêté ce grand jour Ibis.)
Enfants, vieillards, riche ou pauvre, on s’embrasse. Ixîs femmes vont redisant mille exploits.
Héros du siège, un soldat bleu (|ui passe Est applaudi des mains et de la voix.
Le nom du roi frappe alors mon oreille;
De Lafayette on jiarle avec amour.
I>a France est libre et ma raison s’éveille.
Un lieau soleil a fêlé ce grand jour, fêté ce grand jour.
Le lendemain un viiùllard docte et grave Utiida nuw pas sur d’immenses débris.
« Mon fils, (lit-il, icîi d’un peuple (welu\e,
» Le despotisme étoull'aU tous li^s cris.
» Mais des captifs pour y loger la foule.
Il 11 creusa tant au pied de chaque tour,
Il Qu’au premier cIkx; le vieux château s’écroule. I) Un l)cau soleil a fété (;e grand jour.
Il A fété ce grand jour.
Il La Liberté, relK'lle antique et sainte.
Il .Mon fds, s'armant des fers de nos aïeux,
» \ son triomphe appelle en cette enceinte >1 L’Égalité, qui redescend des cietix.
Il De ces deux sœurs la foudre gronde et hrille.
Il C’est Miral)cau tonnant contre la Cour.
Il Sa voix nous crie : Encore une Bastille!
Il Un beau soleil a fété ce grand jour,
H \ fété ce grand jour.
Il Où nous semons chaque peuple moissonne.
>1 Déjà vingt rois, au bruit de nos débats,
>1 Portent, tremblants, la main à leur couronne.
Il El leurs sujets de nous parlent tout luis.
Il Des droits de l’humme, ici, l’ère f('*condc Il S’ouvre et du glolje accomplira le tour.
Il Sur ces débris, Dieu crée un nouveau munde.
Il Un l)eau soleil a fété ce grand jour.
Il .\ fété ce grand jour. »
De ces levons (]u'un vieillard m’a donné(“s.
Le sou\enir dans mon cœur sommeillait.
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Mais je l'ovois, a|)r('s quarante années,
Sous les verrous, le Quatorze Juillet, {bis.)
O Liberté! ma voix, qu’on veut pi'oserii'e. Redit ta a;loire aux murs de ce séjour, (bis.) A mes barreaux l’aurore vient sourire; ) ^ L u iK'aii soleil fête encor ce grand jour, I Fête encor ce grand jour, (fti.s.)