‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 108 sur 199 · LA FILLE DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU PEUPLE

Ain d'Arisiipjte.

Fille (lu peuple, au chantre populaire,

De ton printemps tu prodigues les fleurs.

Dès ton lxîrc(^u tu lui dois ce salaire;

Ses premiers chants calmaient tes premiers pleurs. Va , ne crains pas (jue baronne ou mar(]uisc Veuille à me plaire user ses beaux atours.

.Ma muse et moi nous portons pour devise :

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quand, jeune encor, j’errais sans renommée. D’anciens châteaux s’oITraient-ils à mes yeux; Point n’invoquais, à la porte fermée.

Pour m’inti'oduire, un nain mystérieux.

Je me disais : Tendresse et poésie

Ont fui ces murs, chers aux vieux troubadours.

Fondons ailleure mon droit de bourgeoisie;

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Fi des salons où l’ennui qui se berce Bâille entouré d’un luxe éblouissant !

Feu d’artifice éteint par une averse.

Quand vient la joie, elle y meurt en naissant.

CHANSO>S

En souliers fins, cliapeau frais, robe blancbc. Tu veux aux champs courir tous les huit joui-s : Viens; lu me rends les plaisirs du dimanche.

Je suis du peuple ainsi que nies amours.

Quelle beauté, simple dame ou princesse,

A plus que loi de décence et d’attraits;

Possède un cœur plus riche de jeunesse,

Des yeux plus doux et de plus nobles traits?

Le peuple enfin s’est fait une mémoire :

J’ai pour scs droits lutté conlie deux Cours;

Il le devait au chantre de sa gloire.

Je suis du peuple ainsi que mes amotirs.

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