LE. VIEUX CAPORAL
Air du Vilain, ou de yinon chez madame de .Veigne.
En avant! partez, camarades,
L’arme au bras, le fusil charge.
J’ai ma pipe et vos embrassades;
Venez me donner mon congé.
J’eus tort de vieillir au service;
.Mais pour vous tous, jeunes soldats, J’étais un père à l’exercice, ibù. i Conscrits, au pas;
Ne pleurez pas.
Ne pleurez pas;
.Marchez au jias,
.\u pas, au pas, au pas, au pas!
Goc^Ie
DK BERANGKR.
Un morveux d’officier m'outrage;
Je lui fends!... il vient d’en guérir.
On me condamne, c’est l’usage :
I>e vieux caporal doit mourir.
Poussé d’humeur et de rogomme,
Rien n’a pu retenir mon hras.
Puis, moi, j’ai servi le grand lioinme. Conscrits, au pas;
Ne pleurez pas.
Ne pleurez pas;
-Marchez au pas,
.\u pas, au pas, au pas, au pas!
Conscrits, vous ne troquerez guères Bras ou Jambe contre une croix.
J'ai gagné la mienne à ces guerres Où nous bousculions tous les rois.
Chacun de vous payait à boire Quand je racontais nos combats.
Ce que c’est pourtant que la gloire!
Conscrits, au pas;
Ne pleurez pas.
Ne pleurez pas;
.Marchez au pas,
.\u pas, au pas, au pas, au pas!
Robert, enfant de mon village.
Retourne garder les moutons.
Tiens, de ces jardins vois l’ombrage :
.Avril fleurit mieux nos cantons.
CH AiNSO.NS
Dans nos bois, souvent dès l'aurore J'ai dèniclié de frais appas.
Bon dieu! ma mère existe encore!
(Conscrits, au j)as;
Ne [ileurez |)as.
Ne pleurez pas;
.Marchez au pas,
.Vu pas, au pas, au pas, au pas!
Qui là-bas saiiijlote et re^'arde?
Kh! c’est la veuve du tainlwur.
lïn Russie, à l’arrière-garde.
J’ai porté son lils nuit et jour.
Comme le père, enfant et femme Sans moi restaient sous les frimas.
Elle va prier pour mon âme.
Conscrits, au pas;
Ne pleurez pas,
Ne pleurez pas;
Marchez au pas.
Au pas, au pas, au pas, au pas!
Morbleu! ma pipe s'est éteinte.
Non pas encore... .Allons, tant mieux!
.Nous allons entrer dans l’enceinte;
Çà, ne me bandez pas les yeux.
.Mes amis, fâché de la peine.
Surtout ne tirez point trop bas;
Et qu’au [lays Dieu vous ramène! ibis.), (Conscrits, au pas;
DK BERANCiKR.
Ne pleurez pas,
Ne pleurez pas;
Marchez au pas,
Au pas, au pas, au pas, au pas!
COI PLET
AUX. JKUNKS GENS.
AiH :
lie jour assis sur le rivage.
Bénissant un ciel pur et doux, Plaignez les marins que l’orage A fatigués de son courroux.
.N’ont-ils pas droit à quelque estime (]cux qui, las d’un si long cll'ort, Près de s’englonlir dans l'abîme.
Du doigt vous indiquaient le port’.'
CHANSOiNS