I.’ainé qu'elle traîne apr^s elle, i
Cèle pieds nus dans ses sabots.
Hélas! des gardes qu’il eourrouee Au loin, le père est prisonnier. f
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse;
On a surpris le braconnier.
Je l’ai vue heureust» et paix*e;
Elle cousait, chantait, lisait.
Du magister fdle adorw.
Par son l)on cœur elle plaisait.
J'ai pressé sa main blanche et douce.
En dansant sous le marronnier.
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse;
On a surpris le hraconnier.
lin fermier riche et de son ège,
Qu’elle espiTait voir son é|>ou\.
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v1s.^;:;î 3L£. ib'ïasi.'E.
DK BKHA.NÜKR. 211
I>a quitta, parce qu’au village On riait de ses cheveux roux.
Puis deux , puis trois ; cliacun rcpoiis.se Jeanne qui n’a pas un denier.
Dieu, veillez sur Jeannc-la-Rousse;
On a surpris le braconnier.
.Mais un vaurien dit ; « Rousse on blonde,
» .Moi, pour fenune, je le choisis.
» En vain les gardes font la ronde;
» J’ai bon repaire et trois fusils.
» Faut-il bénir mon lit de mousse;
» Üu château payons l’aumânier. »
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousso;
On a surpris le braconnier.
Doux besoin d'étre épouse et mi-n^
Fil céder Jeanne qui, trois fois.
Depuis, dans une joie amère,
-Accoucha seule au fond des bois.
Pauvres enfants ! chacun d'eux pous.se Frais comme un boulon printanier.
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rous.se,
On a surpris le braconnier.
Quel miracle un bon cœur oiære!
Jeanne, fidèle à ses devoirs.
Sourit encor; car, de leur père.
Ses fils auront les cheveux noirs.
CHANSONS
Kilo sourit ; car sa voix doiire Kond l'espoir à son prisonnier.
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse; On a surpris le braconnier.
LES RELIQI ES.
\iH : Potinez-rnus la peine d'atlendre.
D’un saint do paroisse en crédit,
Seul un soir je baisais la châsse.
Vient un bon vieillard qui me dit : Veux-tu qu’il parle? oh! oui, de grAce. Oui, dis-je; et me voilà béant;
Voilà qu’il fait des croix magiques; Voilà le saint sur son séant ,
Qui dit, d’un ton de mécréant :
« Dévols, baisez donc mes reliques;
>) Baisez, baisez donc mes reliques. »
Il rit, ce sfjucleltc incivil.
Il rit à s’en tenir les côtes.
« Depuis huit siècles, poursuit-il,
» Je grille en enfer pour ni(!s fautes; i> Mais un prêtre au nez lx)urgeonné,
» Pour mieux dîmer sur ses praticpies.
DK BKRANCKIl.
» l’ar un lotir bion iiiniginé,
» Fil un saint dos os d’nn damné.
» Dévots, baisez donc mes reliques; » Baist^z, baisez donc mes reliques.
» De mon temps, je fus lialeleur,
» Ribaud, lilou, témoin à gage.
» Pni.s, en grand m’étant fait voleur, n J’eus d’un baron mœurs et langage.
» De leurs châsses, dans mes larcins, >1 J’ai dépouillé des basiliques.
» Au feu. J’ai jeté de bons saints.
» Du ciel admirez les desseins.
» Dévots, Itaisez donc mes reliques;
» Baisez, baisez donc mes reliques.
>1 Baisez, sous ce dais de velours,
» La sainte qu’on priera ilimanche.
» C’est une Juive, mes amours,
» Dont l’œil fut noir et la peau blanche. » Grâce à scs charmes réprouvés.
Il Dix prélats sont morts hérétiques;
Il Vingt moines sont morts énervés.
Il Trouvez mieux si vous le pouvez.
Il Dévots, baisez donc ses reliques;
Il Baisez, liai.scz donc scs reli(|ues.
Il Prés d’elle est un vieux créne étroit ; Il Baisez ce saint d’une autre espèce.
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CH V.NSONS
» Jadis de larron maladroit,
» Il devint Iwurreau plein d’adresse.
» Nos rois, pour se bien divertir,
» L’occupaient aux ftUes publi(|ues.
» Hélas! je lui dois, sans inenlir.
» L’honneur de passer pour martyr.
« Dévots, baisez donc ses reli(jues;
» Baisez, l)ais(‘z donc ses reliques.
» Sous les noms d(> pieux patrons,
» .Ainsi nos corps, mis en spectacle,
» Font pleuvoir Tardent dans les troncs; » C’est là notre plus jirand miracle.
» Mais du diable j’entends le cor.
» Bonsoir, messi(>urs les catholiques. »
Il .se recouche, et vole encor Sur l’autel un crucifix d’or.
Dévots, baistîz donc des reliques!
Baisez, baisez donc des reliques!
DK BKRAXiKK.