‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 116 sur 199 · L\ MORT DE MON AMI OUÉNESCOURT · texte numérisé non relu

L\ MORT DE MON AMI OUÉNESCOURT

AIR ; AV/iai dfs bois, eiranis dans ces valions.

Quoi! sourd aux cris d’un long Mxerere,

Sous ce drap noir, que j’asperge en silence; Quoi! ce cercueil, de cierges entouré.

C’est mon ami, c’est mon ami d’enfance!

Cessez vos chants, pi-étrcs; c’est à ma voix \ ^ . De le bénir pour la dernière fois. |

CHANSOiNS

Descendu là, sans s’appuyer sur vous,

Dans l'aulre vie, il entre exempt d’alarmes. Qu’est-il besoin que votre Dieu jaloux ,

De son enfer vienne effrayer nos larmes?

Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix De le bénir pour la dernière fois.

Son âme, hélas! trop tôt prenant l’essor.

Tel un fruit mûr qu’un jeune enfant déTObe, Nous est ravie. Un ange aux ailes d’or L’emporte au ciel dans le j)an de sa rolx;. Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix De le bénir pour la dernière fois.

Modeste et bon, cet homme vertueux.

Privé des biens que l’opulence affiche,

A semblé pauvre au riche fastueux ,

Et par ses dons au pauvre a semblé riche. Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix De le bénir pour la dernière fois.

I>as, sur les flots, d’aller rasant le Imrd,

Je saluai sa demeure ignorée.

Entre, et, chez moi, dit-il, comme en un port. Raccommodons ta voile déchirée.

Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix De le iKinir pour la dernière fois.

Proclamé roi de ses festins joyeux ,

•\ son foyer je fais sécher ma lyre.

J’y vois pour moi se dérider les cicux Et mon pays daigne enfin me sourire.

Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix De le bénir pour la dernière fois.

A mes chansons que sa joie applaudit!

Sur mes succès son cœur s’en fait accroire,

Et s’enivrant des fleurs qu’il me prédit.

Prend leur parfum pour un encens de gloire. Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix De le Ix’nir pour la dernière fois.

Au peu d’éclat dont. je brille à présent,

-\h! qu’il ait part, et puisse à ma lumière. Comme au flambeau que porte un ver luisant , Longtemps son nom se lire sur la i)ierre (Cessez vos chants, prêtres; c'est à ma voix De le bénir pour la dernière fois.

Des hymnes saints cessez le triste accord :

Il est parti, mais pour un meilleur monde.

•\ mes chansons s’il peut rester encor Dans ce cercueil un écho qui réponde.

Cessez vos chants, prêtres; c’est à ma voix j De le Ixinir pour lu dernière fois. (

CHANSONS

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