‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 129 sur 199 · COLIBRI · texte numérisé non relu

COLIBRI

Am : Garde à vous' {de U Fiancée).

Mes amis,

J’ai soumis

L’enfer à ma puissance.

De son obéissance J’ai pour gage certain Un lutin, (bis.)

Sous forme d’oiseau-mouche A mon chevet il couche.

Lutin doux et chéri, Baisez-inoi, Colibri,

Colibri ! (1er.)

S'éveillant,

Babillant,

-Vu jour qui naît et brille.

Son petit corps scintille D'émeraude et d’azur Et d’or pur.

Fleur qui cherche sa tige.

Le voilà qui voltige :

L’aurore en a souri.

Bais«‘z-mui, Colibri, t'olibri !

Je le vois,

A ma voix,

Voler vei-s qui m’implore.

Ses ailes font éclore Richesse, honneurs, amoui-s El beaux jours.

(Quelque soif qui m'embrase.

Il peut remplir le vase Que ma Imuche a tari.

Ifaisez-moi, Colibri,

Colibri !

Je puis voir Son pouvoir

Franchir l’espace et Fonde; Du Pérou, de Golconde .M’apporter, dans nos ports.

Les trésors.

.Mais , non ; point d’opulence , Quand un peuple en silence Souffre et meurt sans abri.

Baisez-moi, Colibri,

Colibri !

Je puis voir Son pouvoir

.Me donner des i-ouronnes; Des palais à colonnes.

Des gardes et l’amour D’une cour.

DE BÉRA>'GER.

Mais, non; j’en sais l’Iiistoire :

Le monde à tant de gloire,

De douleur pousse uu cri.

Baiscz-moi, Colibri,

Colibri !

Demandons,

Pour seuls dons.

Simple toit, portes closes;

Des chants, du vin, des rosf's, Kt la paix d’un reclus,

Rien de plus. {Us.)

•Mon paradis s’arrange,

Dieux ! et l’oiseau se change Kn piquante houri.

Baist^z-moi, Colibri,

Colibri ! (U>'.)

CHANSONS

ÉMILE DEBRAIX".

i’.HANSO\-PROSl»ECTl s

POI’R LES (Kl'VRF.S DE CK C I! A NSO \ N t K B.

Air : Dts^moi , soldat , t'en sonvicn$~tn?

Iæ pauvre Émile a passé comme une omÉre, Ombre joyeust; et chère aux bons vivants.

Ses gais refrains vous égalent en nombre,

Fleurs d’acacia qu’éparpillent les vents.

Dcbraux, dix ans, régna sur la goguette,

Mit l’orgue en train et les chœurs des faubourgs. Et roulant, roi, de guinguette en guinguette.

Du pauvre peuple il chanta les amours.

Toujours enfant, gai Jusqu’à faire envie.

En étourdi vei's le plaisir poussé;

Pouffant de rire à voir couler sa vio Comme le vin d’un tonneau défoncé ;

Sifflant le sot sous les croix qu’il découvre.

Ou sur son char le grand mal affermi ;

Sans s’informer par où l’on monte au Louvre,

Du pauvre peuple il est resté l’ami.

Mais, dites-vous, il avait donc des rentes’?

Eh! non, messieurs; il logeait au grenier.

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