I.ève-toi, Jacques, lève-toi
Voici venir l’huissier du roi.
CHANSONS
2i»li
Pauvres gens! l’impôt nous dépouille!
Nous n’avons, accablés de maux, Pour nous, ton père et six marmots, Rien que ta Ix'clic et ma quenouille.
Ix've-toi, Jacques, lève-toi;
Voici venir l'huissier du roi.
On compte, avec cette masure,
L'n quart d'arpent, cher affermé.
Par la misère il est fumé;
Il est moissonné par l’usure.
Lève-toi, Jac(|ues, lève-toi;
Voici venir l'huissier du roi.
B<'aucoup de peine et peu de lucre.
Quand d’un porc aurons-nous la chair?
Tout ce qui nourrit est si cher!
Hit le sel aussi, notre sucre!
Lève-toi, Jacques, lève-toi;
Voici venir l’huissier du roi.
Du vin soutiendrait ton courasîc;
Mais les droits l’ont hien renchéri.
Pour en hoire un peu, mon chéri.
Vends mon anneau de mariage.
Lève-toi, Jac([ucs, lève-toi; Voici venir l’hui-ssier du roi.
DK BÉRANÜKR.
Réverais-tu que ton l>on ange Te donne richesse et repos?
Que sont aux riches les impôts?
Quelques rats de plus dans leur grange.
Lève-toi, Jacques, lève-toi;
Voici venir l’huissier du roi.
Il entre! ô ciel! que dois-je craindre?
Tu ne dis mot! quelle pâleur!
Hier tu t’es plaint de ta douleur.
Toi qui souffres tant sans te plaindre.