‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 16 sur 199 · L’OMBRE D’ANACRÉON · texte numérisé non relu

L’OMBRE D’ANACRÉON

SAINTE-PÉLAGIE

Air de la Sentinelle.

Un jeune Grec sourit à des tombeaux :

Victoire! il dit; l’écho redit : Victoire!

O demi-dieux! vous nos premiers flambeaux, Trompez le Styx, revoyez votre gloire!

Soudain sous un ciel enchanté Une ombre apparaît et s’écrie :

U Doux enfant de la Liberté, (bis.)

» Le Plaisir veut une patrie!

» Une patrie!

» O peuple grec! c’est moi dont les destins » Furent si doux chez tes aïeux si braves;

» Quand ils chantaient l’amour dans leurs festins, » Anacréon en chassait les esclaves.

» Jamais la tendre Volupté » N’approcha d’une âme flétrie.

» Doux enfant de la Liberté,

» Le Plaisir veut une patrie!

» Une patrie!

» De l’aigle encor l’aile rase les ciciix ,

Il Du rossignol les chants sont toujours tendix>s;

CH WSONS

J’ai plaint lc‘s peuples (pi’im alm^e;

J’ai eliansonné les ^(>ns du roi :

HiTan;.'er m’appelait sa muse. ihis.

Pauvres pi’clieiirs, pri(‘/. pour moi! (/nx.i Prie/ pour moi, prie/ pour moi!

to'ilee à moi, <pi’il r(Midit moins Toile, D’c'tre tîueux il si' consolait,

Lui ipii (les muses de l’école N’avait jamais sucé le lait.

Il grelottait dans sa coipiille (Juand d’un luth je lui lis l’octroi.

I)e Heurs j’ai garni sa mantilh'.

Pauvres pécheurs, prie/ pour moi!

Prie/ |)our moi, prie/ pour moi!

Je l’ai rendu cher au courage,

Dont il adoucit le malheur.

Ku amour il fut mon ouvrage;

J’ai pipe pour cet oisi'lcur.

.V lui plus d’un cœur \inl se rendiv,

.Mais les oiseaux en feront foi :

J’ai fourni la glu pour les prendre.

Pauvri'S |)écheurs, jirie/ pour moi!

Prie/ pour moi , prie/ pour moi !

Un serpent... (l)icu! ce mot rappelle .Marchangj qui raiu|>a vingt ans!) l'n si'r|K'nt, ipii fait peau nouvelle IW's que hrille un nouveau printemps.

DK BKKANGKU.

Fond sur nous, triomphe et nous livi-<‘ Aux fci-s dont on parc lu loi.

Sans lil)crté je ne peux vivre.

Pauvres péelieurs, priez jwur moi!

Priez jK)ur moi, priez pour moi!

■Malf^ré rél(x|uencc sublime Ik; Dupin, (|ui ]>our nous parla.

N’ayant pu mordre sur la lime,

Ix* hideux s«T|K'nt l’avala.

ür je lrépas.se, et, mieux insiriule,

Je vois l’enl'er avec (dhoi ;

Hier Satan s’est fait jésuite. (Ws.)

Pauvres pécheurs, priez pour moi! {his.) Priez jMuir moi, priez pour moi!

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