‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 165 sur 199 · I.E (.'E.>SEIB · texte numérisé non relu

I.E (.'E.>SEIB

Je n’ai point oublié la jolie chanson du Port- .Mahon. Monsieur Collé, ce n’est pas à vous (pi’oii reprochera Vuwjlomanie ; mais cela ne suflit f)as. Pourquoi, j)ar exemple, vous être fait l’apôtre de certains principes d’indépendance qu’il vaudrait mieux combattre'?

COLI.É.

J’entends de quelles idées vous voulez parler, t'ombattre ces idées, monsieur! il n’y aurait pas j)lus de mérite à cela qu’à faire en Prusse des épigrammes contre les capucins. Ne trouvez-vous pas même que la plupart de ceux qui attaquent ces idées, qui peut-être au fond sont les vôtres, ressr'inblent à des aveugles qui voudraient casser les réverbères ?

* Le grand Coudé ouvrit la Iranrliéc devant Lérida au son dos violons et des hautbois.

PREFACK

LE CENSEUR

Je suis (le votre avis, si vous voulez dire qu’ils frappent à ciMc. Mais revenons à vos cliansons. Tout le mon(le rend justice à la loyauté de votre caractère, à la régularité de vos mœurs; et je pense qu’il sera aisé de vous convaincre du tort que vous foraient certaines gaillardises que je vous engage à faire disparaître de votre recueil.

C31LLÈ.

C’est parce que je ne crains point qu’on examine mes mœurs que je me suis permis de peindre celles du temps av(x; une exactitude qui participe de leur licence *.

LE CENSEUR

Vos tableaux clKM|ueronl les regards des gens rigides.

<mLÉ.

La Chasteté porte un bandeau.

LE CENSEUR

Elle n’est pas sourde, et le ton libre de plusieurs de vos chansons peut augmenter la corruption dont vous faiU» la satire.

• Plusieurs de ces raisonnements se retrouvent dans une notice piquante et spirituelle placée en tête du recueil complet des clinnsons de Collé, publié |iar M. Auger, censeur et membre de l’Académie française.

DK L’AUTEUU.

COLLÉ

Quoi! comme l’a dit le l)on La Fontaine,

Les mères , les maris me prendront aux cheveux Pour dix ou douze coules bleus!

Voyez un peu la lielle affaire !

Ce que je n'ai pas fait mon livre irait le faire !

LE CENSEUR

L’autorité d’un grand iiomme est déplawk; ici. Il ne s’agit que de bagatelles que vous pouvra sacrifier sans regret.

COLLÉ

Kn avez-vous de les connaître’/

LE CRNSELH.

Je ne dis pas cela.

En êtes-vous moins censeur et lrés-cens«‘ur’/

LE CENSEUR

Je vous en fais juge.

COLLÉ

Eh bien ! aprt's avoir lu ou chanté en secret mes couplets les plus graveleux, les prudes n’en auront pas plus de charité, et les bigots pas plus de tolérance. Laissez à ces gens -là le soin de me mettre

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