‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 18 sur 199 · LES CONSEILS DE LISE · texte numérisé non relu

LES CONSEILS DE LISE

CHANSON

ADRESSÉK v\ M. J. LAFFITTE, 4

Ori m’avait FROFOSé UN EMPLOI DANS SES BUREAUX POUR REPARER LA PERTE DE MA PLACE A l’i^MVERSITÉ.

AiH de ta Treille de sincérilà.

Lise à l’oreille ■Me conseille;

Cet oracle me dit tout bas :

Chantez, monsieur, n’écrivez pas. {bis.)

CHAMSOINS

L'n doux emploi pourrait vous plaire.

Me dit Li«;; mais songez bien, Songez bien au poids du salaire, Mi^me chez un vrai citoyen, (bis.i Rester pauvre vous est facile.

Quand r.Aniour, afin de l’ust'r,

Vient remonter ce luth fragile Que Thémis a voulu briser.

Lise à l’oreilk'

Me const'ille;

(let oracle me dit tout bas ;

Cliantez, monsieur, n’écrivez pas.

Dans l’emploi qu’un ami vous olïre.

Vous n’oseriez plus, vieil enfant, (k'Iébrer au bruit de son colTre L(‘s droits que sa vertu défend.

Vous croiriez voir à chaque rime » Ia'S sf>ts, doublement satisfaits.

De vos chansons lui faire un crime.

Vous en faire un de ses bienfaits.

Lise à l’oreille .Me cons<'ille;

Let oracle me dit tout bas :

Chanlez, monsieur, n’écrivez pas.

(Iraignant alors la malviùllance.

Vous ririez moins de ce baron.

DE BERA^GEK. 3ii

Courtier do la Sainle-Allianeo,

Qui des rois s’est fait le patron.

Dans les fonds do peur d’une erise,

Il veut (pie les (îrees soient dei^us*; l’our avoir l'endos de Moïse, ün fait banc|ueroute à Jésus.

Lise à l’oreilIc'

Me eonseille;

(j‘t oracle me dit tout lias :

Chantez, monsieur, n’é(Tivez pas.

Votre musc en deviendrait folle,

Kt croirait flatter en disant Que sur la droite du Pactole Inlrifjue et rusi' vont puisant;

Tandis qu’une noble industrie Puise à gauche, et de toute pari **

Reverse à flots sur la patrie Un or dont le pauvie a sa part.

Lise à l’oreille Mc eonseille;

Cet oracle me dit tout bas :

Cbantez, monsieur, n’écrivez pas.

Ainsi mon oracle m’inspire.

Puis ajoute, ce dernier point :

* On n’oMÎt alors secourir les Groc», qui faisaient d’héroïques efforls pour recouvrer leur liberté.

** On sait ce qu'élaient la droite et la gauche de la Chambre à cette époque.

CHANSONS

Des distances l’aniour peut rire;

L’amitié n’en supjmrte point, (bis.) Riche de votre indépendance,

Chez I^flitte toujours fété,

En trinquant avec l’opulence,

Vous boirez à l’égalité.

Lise à l'oreille .Me conseille;

Ot oracle me dit tout bas ;

Chantez, monsieur, n’écrivêz pas. ibis.)

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