‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 187 sur 199 · A M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

A M. DE CHATEAUBRIAND

“ Brille à les chants d’une noble rougeur.

Dans un des couplets qui précèdent celui-ci, je parle des lyret que la France doit à M. de Chateaubriand. Je ne crains pas que ce vers soit démenti par la nouvelle école poétique, qui, née sous les ailes de l'aigle, s’est, avec raison, glorifiée souvent d’une telle origine. L’influence de l’auteur du Génie du Christianisme s'est fait ressentir également à l’étranger, et il y aurait peut-être justice à reconnaître que le chantre de Child Harold est de la famille de René.

■Après ce que je viens de rappeler du grand mouvement qu’il

NOTES

a donné à la poésie moderne, il importe peu à M. de Chateaubriand que je répété ici ce qu’en 1 833 , j’ai dit dans ma préface de l’influence porticuiiére de ses ouvrages sur ies études de ma jeunesse. Je crois plus à propos de faire ressouvenir qu’en 1 82» M. de Chateaubriand m’ayant honoré de marques d'intérét et d’estime , en ftit vivement réprimandé par ies organes du pouvoir auquei la France était livrée. Je rougis d’avoir si faiblement acquitté ma dette envers le plus grand écrivain du siècle, surtout quand je pense qu’il a consacré quelques pages à immortaliser mes chansons. C’est un plaidoyer en leur faveur que la postérité iira sans doute ; mais i’avocat le plus éloquent ne saurait gagner toutes les causes. Puisse du moins la trop grande générosité de M . de Chateaubriand ne lui donner jamais de clients plus ingrats que ie chansonnier qu’il a bien voulu placer sous la protection de son génie !

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