‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 191 sur 199 · II · texte numérisé non relu

II

LETTRES

|)our ainsi dire, à laquelle une noie n’ajoutîll pcultMre un inlért'l nouveau, mais comme s’il se fût méfié des annotateurs, l’illustre poëte a voulu écrire luiméme ses notes trop courtes à la suite de ses chansons, et à ces explications, empreintes, comme tout le reste, de la modération de l’auteur quand il parle de lui-méme, nous n’avons pas le droit de rien ajouter. Béranger ne veut pas que l'on ajoute à son œuvre, et surtout que l'on ajoute des louanges; il faut donc se contenter des explications qu’il a consenti à donner, lui-méme, lorsqu’il les a jugées absolument indispensables.

La Grèce arrachée au joug des Ottomans et célébrée à la fois par Béranger, par Chateaubriand , par lord Byron ; le peintre David, à qui la France refuse même une tombe; un souvenir à M. I..aisney, imprimeur à Péronne; une réponse, en prose, à M. de Clermont - Tonnerre , qui ne voulait pas, le digne homme, qu’on appelât Béranger le : poète national, voilà, ou peu s’en faut, toutes les notes de tant de chansons ! — Ajoutez le nom de quelques amis du poëte, des noms qui seraient inconnus sans lui, mélés à des noms célèbres, M. Quénescourt, un des amis de sa jeunesse reconnaissante; M. de Jouy; M. Émile Dcbraux, le chansonnier; le jeune Escousse, qui se lue à vingt-cinq ans; et aussi ses amis devenus mi-

ET PROCÈS

nistres, M. Jacques LanUlc, M. Duponl (de l’Kure), complètent ces notes, trop rares, dont l'ensemble aurait pu servir merveilleusement à l’iiistoire active, passionnée et tourmentée de ce temps-ci.

Mais nos lecteurs savent, depuis longtemps, la devise de Béranger : Rien de trop. Son plus grand malheur serait de parler de lui-même, et il a poussé si loin cette prudence de la modestie, que c'est à peine si, dans ses notes premières, il consent à dire quelques mots des procès, cependant trè-s-sérieux, et des persécutions politiques que lui ont valu , sous la Restauration, cette verve éclatante d’un génie juste, sincère et vrai. — Le Feu du prisonnier. Mes jours gras de 1829, Sainte-Pélagie, la Force, Dix mille francs d'amende, c'est-à-dire, avec le décime de guerre, U, 250 francs, en un mot ses journées de combat, quand il faut répondre aux violentes accusations de cette Restauration blessée à mort, à peine si Béranger en parle, et il n’en parle que pour mémoire. Sa peine achevée, il a oublié tout le reste; la Restauration a voulu briser sa statue, il ne s’est pas senti blessé ; un chansonnier doit aller de l’avant , comme il dit, lui -même, dans une lettre adressée à M. l’abbé de Pradt, une lettre que nous sommes très-heureux do pouvoir donner à nos lecteurs :

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