‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 25 sur 199 · LE TAILLEUR ET LA FÉE · texte numérisé non relu

LE TAILLEUR ET LA FÉE

CHANSON

CIMN'TKK A UKS AUIS LK 19 AOUT. JOUR AW'IVF.RSAIRK DK UA XAISAANCE.

Air û'Angt^line (d<* Wiliif.h).

Dans CO Paris plein d’or cl do misère,

En l’an du Elirist mil sept cent qnalre-vinii;l , Chez un tailleur, mon pauvre et vieux grand-père, Moi nouveau-né, sachez ce qui m’advint.

Rien ne prédit la gloire d’un Orphée A mon berceau, qui n’ctail pas de flcui-s :

Mais mon grand-père, accourant à mes pleurs. Me trouve un jour dans les bras d’une fée;

Et cette fée, avec de gais refrains,

Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Le bon vieillard lui dit. l’àmc inquiète :

« A cet enfant quel destin est promis? »

Elle ré|)ond ; « Vois-le, sous ma baguette,

» Garçon d’aulxirge, imprimeur et commis.

I) Un coup do foudre ajoute à mes présages * :

» Ton fils atteint va périr consumé;

• I/auUnir fui frappé do U foudre dans sa joiinesso.

;.s CHA^SO^S

» l)i('u lt“ rcf^ardo, pt l’oispau ranimé )) Vol<* on clianlant brav(M- d’aulros orages. »

El puis la fén;, avec de gais refrains,

Ealinail le cri de mes premiers chagi'ins.

« Tous les plaisirs, sylplies de la jeum'sse,

» Éveilleront sa lyre au sein dt^ nuits.

» .\u toit du pauvre il répand l’allégresse' ;

» A l’opulence il sauve des ennuis.

» Mais quel spectacle attriste son langage?

» Tout s’engloutit, et gloire et liberté ;

» Comme un pécheur qui rentre épouvanté,

» Il vient au [X)rt raconter leur naufrage'. »

Kl puis la fee, avw de gais refrains.

Calmait le cri de mis premiei-s chagrins.

I>; vieux tailleur s'écrie : « Eh quoi! ma fdle » Ne m’a donné qu’un faiseur de chansons! n Mieux jour et nuit vaudrait tenir l’aiguille » Que, faible écho, mourir en de vains sons. » « Va, dit la fée, à tort tu t’en alarmes;

» De grands talents ont de moins Ix'aux sucei's. » Ses chants légers seront cheis aux Français,

» Et du proscrit iulouciront les larmes. »

El puis la fw, avec de gais refrains.

Calmait le cri de mes première chagrins.

Amis, hier J’étais faible et morose.

L’aimable fée apparaît à mes yeux.

Ses doigts distraits ell'euillent une rosi';

Elle me dit : « Tu le vois déjà vieux.

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’• :?■ ils.

I)K BERANGKR.

Ait

1) Tel qu’aux déserts parfois brille un mirage *,

» Aux cœurs vieillis s’offre un doux souvenir.

» Pour te fêter tes amis vont s’unir :

» Longtemps près d’eux revis dans un autre âge. » Et puis la fée, avec ses gais refrains, j Comme autrefois dissipa mes chagrins. |

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