‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 27 sur 199 · LE MALADE · texte numérisé non relu

LE MALADE

A Vint

Air ; Musc des bois et des accords champêtres.

L'n mal cuisant déchire ma poitrine,

Ma faible voix s’éteint dans les douleurs;

Et tout renaît, et bientôt l’aubépine Verra l’alxiille accourir à ses fleurs.

Dieu d’un sourire a béni la nature;

Dans leur splendeur les deux vont éclater. Reviens, ma voix, faible, mais douce et pure ; Il est encor de Ijeaux jours à chanter.

-Mon Escula()e * a renvereé mon verre ,

Plus de galté! mon front se rembrunit;

Mais vient l’.Vmour et le mois qu’il préfère : Déjà l’oiseau butine pour son nid.

* Le cclèbro dotieur Duhoi», û qui i'QUleur du ces chansons ne peut témoigner trop de reconnaissance , cl on «{ui les qualités du cœur égalent la science et rétonnmilc habileté.

CHANSONS

Des voluptés le torrent va s'épandre Sur l’univers qui semblait véiîélcr.

Reviens, ma voix, faible, mais toujours tendre : Il est encor des plaisirs à chanter.

Pour mon pays que de chansons encore !

D’un lâche oubli vengeons les trois couleurs;

I>e nouveaux noms la France se décore;

l’aigle éteint nous redevons des pleurs.

Que de j)crils la tribune orageuse;

OiTre aux vertus qui l’osent aflronter !

Reviens, ma voix, faible, mais eourageuse ;

Il est encor dos gloires à chanter.

Puis j'entrevois la literté l^annie;

Elle revient ; des|)Otes, à genoux!

Pour l’ctoulTer en vain la tyrannie Fait signe au Nord de déborder sur nous.

L’oui's elTrayé regagne sa tanière,

Ix)in du soleil qu’il voulait disputer.

Reviens, ma voix, faible, mais libre et tière :

Il est encor un triom|)he à chanter.

Que dis-je? hélas! oui, la terre s’éveille.

Belle et parée, au sr)unie du printemps.

.Mais dans nos cœurs le courage sommeille ;

Chargé de fers, chacun se dit : J’atUmds!

La Grèce expire, et l’Europe est tremblante; Seuls, nos pleurs seuls osent se révolter.

Reviens, ma voix, faible, mais consolante :

Il est encor des martyre à chanter.

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