‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 63 sur 199 · LES PAUVRES AMOURS · texte numérisé non relu

LES PAUVRES AMOURS

Aiii : Jupiter UH jour en fureur.

Trois douzaines de Cupidons,

Qu’une actrice a mis sur la paille.

Hier mendiaient, et la marmaille Les poursuivait de gais lardons.

Chez Lise ils frappent d’un air triste; Lise répond ; Nous sommes sourds.

Quoi! vivrez- vous donc toujours, Vieux jjetits culs nus d’.^inours? .\llez, Dieu vous assiste! {bis.)

Partout en France on vous fourra.

Vous avez guindé la sr^ulpturc.

Vous avez fardé la peinture.

Vous affadissez l’Opéra.

Des .'Vnacréons j’ai la liste;

Ils encombrent ville et faulwiirgs.

Vous les couronnez toujours.

Vieux petits culs nus d’Amours; .Allez, Dieu vous assiste!

Quittez votre Olympe en débris.

Que Alai’s, l’hébiis, Baccluis, Minerve

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I)K BKRAiNGEU.

VoguiMil avec vous de conserve;

A (Jnide i-eniinenez Cypris.

I>es Grâces suivront à la piste,

Phél)é guidera votre cours.

Émigrez, mais pour toujours.

Vieux petits culs nus d’.Viuours ;

Allez, Dieu vous assiste!

Emballez avec tous vos dieux Flore et l’Aurore aux doigts de roses ; Par leur nom appelons les clioses,

Ia“s choses n’en plairont que mieux.

.Mon cœur à l’amant qui persiste Se rend bien sans votre secours.

Sans vous j’aimerai toujours,

Vieux petits culs nus d’ Amours ;

Allez, Dieu vous assiste!

En leur fermant la porte au nez.

Parlait ainsi la tendre Lise,

Quand près d'eux passe une marquise Dont à peine ils sont les aînés.

La dame, quoique moraliste, lÆur dit : Rendez-moi mes beaux jours.

Dans ma cliambi-e et pour toujours.

Chers petits culs nus d’.\mours ’, Venez; Dieu vous assiste! (bis.)

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