‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 7 sur 199 · MA PREMIÈRE VISITE AU PALAIS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

MA PREMIÈRE VISITE AU PALAIS DE JUSTICE

CHANSON

FAITE A L UCCASION DES PREMIÈRES mURSUlTES JUDICIAIRES EXERCÉES CU.NTRË MOI IH)UR I..V PUBLICATION DE MON RECl’EIL.

I8il.

Am : /lalte-tà!

Quittez la lyre, ô ma muse!

El déchiffrez ce mandat.

Vous voyez qu’on vous accus«‘ Üe plusieurs crimes d’état.

Pour un interrogatoii'c Au Palais com[)araissons.

Plus de chansons pour la gloire!

Pour l’amour plus de chansons!

Suivez-moi !

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

Nous marchons, et je découvre L’asile îles s<iuverain.s.

I)K BKRANGKR.

Musc, la Fronde en ce Ix)iivre Vit [)énétrer ses refrains *.

Au Qui vive d’ordonnance Aloi-s, prompte à s’avancer,

La chanson répondait : Franœ !

Les gardes laissaient passer.

Suivez-moi !

C’est la loi.

Suivez-moi, do par le Hoi.

La justice nous appelle De l’autre c6té de l’eau.

Voici la Sainte-Chapelle Où l’on pria pour Boileau **.

S’il renaissait ce grand niailie, F>c clergé, remis on train.

En prison ferait peut-être Fourrer l’auteur du Lutrin.

Suivez-moi !

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

[il, devant ce péristyle.

Un tribunal impuissant

* Jamais plus do chansons ne furent lancées do part et d*autrc qu'A l'époque de la Fronde ; et Blot et Mangni , chansonniers du temps , ne furent l'objet d'aucune poursuite.

On sait que Boih'au fut enterré dans l'église située sous la Sainte*rhapelle, où l'on voyait le fameux lutrin qui inspira l'un des ouvrages les plus parfaits de notre langue.

ir>

CHANSONS

Ail lilirlu'r livra V Emile *, Phénix toujours renaissant.

■Miisi-, lie vos chansonnettes Aujourd’hui l’on va lAcher l)(> faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher.

Suivez-nioi !

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

Muse, voici la grand’ salle...

lié quoi ! vous fuyez devant Des gens en rolxî un peu sale, Par vous piqués trop souviuit !

Revenez donc, pauvre sotte. Voir prendre à vos ennemis.

Pour ])cser une marotte.

Les balances de Thémis.

Suivez-moi!

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

Elle fuit, et chez le juge J’entre, et puis enfin je sors.

Mais devinez quel refuge Ma Muse avait pris aloi-s.

Calment avec la grist'tte D’un président, bon humain.

* On Mil égâlcnient qao par arri^t du parlomonl VEmilf fui hrôlr par la main du bourreau, et ^oii auteur dt^crflé de prise tie corps.

by Gi- Oglc

Celle folle, à la buvellc, Ré|)élail le verre en main :

Suivez-moi !

C’est la loi.

Suivez-moi, de par le Roi.

Page 1