LE PRISONNIER DE GUERRE
A\vi : C/mnfr, chant f, trouhadniir^chantf (tlpR«)MAOS»;si;.
•Marie, enfin quitte l’ouvrage.
Voici l’étoile du lierger.
— >Ia mèn>, un enfant du village Ijinguit captif chez l'étranger :
Pris sur mer, loin de sa patrie.
Il s’est rendu, mais le dernier.
File, file, pauvre .Marie,
Pour secourir le prisonnier;
File, file, pauvre .Marie,
File, file pour le prisonnier.
Tu le veux, ma lampe s’allume.
Kh quoi! ma fille, encor des pleurs!
— D'ennui, ma mère, il se consume; L’Anglais insulte à ses malheurs.
Tout jeune, Adrien m’a chérie;
Il égayait notre foyer.
DK BÉRA>GKR.
Fik‘, lile, pauvre Marie.
Pour scrourir le prisonnier;
File, file, pauvre Marie,
File, file pour le prisonnier;
Pour lui je filerais inoi-niôine,
Mon enfant; mais j'ai tant vieilli!
— Envoyez à celui que j’aime Tout le gain par moi recueilli.
Rose à sa noce en vain me prie :
Dieu! j’entends le mcnélrier!
File, file, pauvre Marie,
Pour seœurir le prisonnier;
File, file, pauvre .Marie,
File, lile pour le prisonnier.
Plus près du feu file, ma clièi'e;
La nuit vient refroidir le temps.
— Adrien, m’a-t-on dit, ma mère.
Gémit dans des cachots flottants.
On repousse la main flétrie Qu’il l'tenfl vers un pain grossier.
F’ilc, file, pauvre .Marie,
Pour secourir le prisonnier;
File, file, pauvre Marie,
File, file pour le prisonnier.
Ma fille, j’ai naguère encore Révé qu’il était Ion époux.
CHANSONS
M«^iiie avant la trentième aui-oiv Mes rêves s’aecoinplissent tous.
— Quoi! riierbe à peine redeuri(!
Verra le retour du guerrier!
File, file, pauvre .Marie,
Pour seeourir le prisonnier;
File, file, pauvre .Marie,
File, lile jiour le prisonnier.
LE PAPE MISI LMAN.
AiH : Ehî ma «ir/r, esl^e tfuc ysui$ ça?
Jadis voyageant pour Rome,
Un pape, né sous le fro<',
Pris sur mer, fut, le pauvre, homme.
Mené captif à .Maroc.
D'aliord il temiH'te, il sacre.
Reniant Dieu liel et bien.
— Saint-Père, lui dit son diacre, Vous vous damnez comme un ebien.
Sur un pal que l'on aiguisir Uroyant di-jà qu’on le met,
Le fondiMiient de l’église Dit : lino(|uous .MahoiiK'l.
DK BKKA!\GKR. i;:s
Ce pm|)hète eii vaul bien d'autres;
Je me fais son paroissien.
— Saint-Père, au nez des apètres Vous vous damnez comme un chien.
■Ave! aye! on le circoncise.
Le voilà bon musulman.
Sinon parfois qu’il se grisr;
■Avec un coquin d’iman.
Il fait de sa vieille Bible Un usage peu chrétien.
— Saint-Père, c’est lro|) risible;
Vous vous damnez comme un chien.
Kn vrai coi-saire il s’éf|uipe;
Pour le Croissant il combat,
Pixmd le sorliet et la pipe;
Dans un harem il s’ébat.
Prc's des femmes qu’il capture.
Voyez donc ce grand vaurien !
— Saint-Père, quelle posture!
Vous vous damnez comme un cliien.
A .Maroc survient la peste;
Soudain fuit notre forban.
Qui dans Rome, d’un air leste.
Rentre avec son beau turban.
— Souffrez qu'on vous rebaptise.
— .Non, dit-il, ça n’y fait rien.
— Saint-Père, (pielle Ix'tise!
Vous vous damnez comme un cliien.
CHAiNSOINS
Depuis, Iroiulant nos mystères,
(]e renégat enragé Veut vider les monastères,
Veut marier le clergé.
Sous lui l’église décime Ne brûle juif ni païen.
— Saint-Père, Rome est ficliue; Vous vous damnez comme un chien.
LE DALPHIX.
.Al» lia Carnaval.
Du bon vieux temps soulfrez que je vous parle. Jadis Richard, troubadour renommé.
Eut pour roi Jean, Louis, Philippe ou Charle, Ne sais lef]uel ; mais il en fut aimé.
D’un gros dauphin on fêtait la naissance; Richard à Blois était depuis un jour.
Il apprit là le bonheur de la France.
Pour votre roi chantez, gai troubadour!
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour!
La harpe en main, Richard vient sur la place. Chacun lui dit ; Chantez notre gardon.
DK BKRA.NGEU.
IkHolcnionl à la Vicrjïe il rend s^râce,
Puis au dauphin consacre une chanson.
On l’applaudit : l’auteur était en veine.
-Mainte l)eauté le trouve fait au tour,
Disant tout bas : Il doit plaire à la reine.
Pour votre roi chantez, gai troubadour!
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour!
Le chant fini, Richard court à l’église.
Qu’y va-t-il faire? il cherche un confesseur;
Il en trouve un, gros moine à barlic grise.
Des mœurs du temps inflexible censeur.
— Ah! sauvez-moi des flammes éternelles!
.Mon père, hélas! c’est un vilain séjour.
— Qu’avez-vous fait? — J’ai trop aimé les lielles. Pour votre roi chantez, gai troubadour!
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour!
Le grand malheur, mon père, c’est qu'on m’aime.
— Parlez, mon fils; expliquez-vous enfin.
— J’ai fait, hélas! narguant le diadème,
Un gros péché, car j’ai fait un dauphin.
D’abord le moine a la mine ébahie;
Mais il reprend : Vous êtes bien en cour? Pourvoyez-nous d’une riche abbaye.
Pour votre roi chantez, gai troubadour!
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour!
Le moine ajoute : EiU-on fait à la reine Un prince ou deux, on pi'ut être sauvé.
CHAiVSONS
Parlez do nous à notre souveraine;
Allez, mon fils, vous direz einq Are.
Rieliard absous, gapmant la capitale,
■Au nouveau-né voit prodiguer l’anioiir.
Vive à jamais notre race royale!
Pour votre roi chantez, gai troubadour!
Chantez, chantez, jeune et gai trouliadour!