‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 9 sur 199 · ADIEUX A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA CAMPAGNE

Am : Muse des bois et des accords champêtres.

Soleil si doux au déclin de rautomne,

.\rbr(>s jaunis, je viens vous voir encor. N’espérons plus que la haine pardonne mes chansons leur trop rapide essor.

Dans cet asile, où reviendra Zé|)hire,

J’ai tout révé, même un nom glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;

Échos des bois, répétez mes adieux.

• Olt« chanson, faile dans le mois de novembre I8il , fui ropiêe et distribuée au tribunal le jour de la première condamnai ion de l'auteur.

Digiti. ' . C - ;glc

I)K BKKA^GKK. I!)

('uiiiiiie l'oiseau, lihie sous la feuilh-e,

Que n’ai-je ici laissé mourir mes chants!

Mais de grandeurs la Franco dépouillét!

(üourbait son front sous le joug des méchants.

Je Kmr lançai les traits de la satire;

Pour mon bonheur l'amour m’inspirait mieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;

Kchos des bois, ivpétez mes adieux.

Déjà leur rage atteint mon indigtuice';

.\u tribunal ils trainent ma gaîté;

D’un masque saint ils couvrent leur vengeance ; Rougiraient-ils devant ma probité?

-Vh! Dieu n’a point leur cœur pour me maudiri' . L’Intolérance est fille des faux dieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;

Kchos des Ikhs, réi)étez mes adieux.

Sur des tombeaux si j’é\(Mpie la Cloinî,

Si j’ai prié pour d’illustres soldats,

.\i-je à prix d’or, aux pieds de la Victoire, Encouragé le meurtre des états?

O n’était point le soleil de l’empire Qu’à son lever je chantais dans ces lieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;

Échos des bois, répétez nu« adieux.

* Lorsque le recueil de 48SI parut, ce fut le ministère qui força les membres du conseil de l’Université d ôlcr À l’auteur le modique emploi d’expéditionnaire qu'il occupait depuis douze ans. Au resto, on l'avait prévenu <{ue, s'il faisait imprimer ses nouvelles chansons, il perdrait cet emploi.

Que, dans l'ospoir d'luiinili(‘r ma \k>,

Uollart s’ainusi' à mesurer mes fei-s;

Mi'me aux regards de la Franee assi'rvie L'n noir eaeliot peut illustrer mes vei's.

A ses liarreaux je suspendrai ma lyre; l-a Renommée y jettera les yeux.

(lie! vaste et pur, daigne encor me souriix’;

Kchos des bois, répétez mes adieux.

Sur ma j)rison vienne au moins Philomèle!

Jadis un roi causa tous ses malheurs.

Partons : j’entends le geôlier (jui m’a|i|>elle.

.\dieu les champs, 11*8 eaux, les prés, les fleurs. Mes fers sont prêts : la lÜK'rté m’inspin* :

Je vais chanter son hymne glorieux.

Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;

Échos des bois, répétez mes adieux.

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