ADIEUX A LA CAMPAGNE
Am : Muse des bois et des accords champêtres.
Soleil si doux au déclin de rautomne,
.\rbr(>s jaunis, je viens vous voir encor. N’espérons plus que la haine pardonne mes chansons leur trop rapide essor.
Dans cet asile, où reviendra Zé|)hire,
J’ai tout révé, même un nom glorieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;
Échos des bois, répétez mes adieux.
• Olt« chanson, faile dans le mois de novembre I8il , fui ropiêe et distribuée au tribunal le jour de la première condamnai ion de l'auteur.
Digiti. ' . C - ;glc
I)K BKKA^GKK. I!)
('uiiiiiie l'oiseau, lihie sous la feuilh-e,
Que n’ai-je ici laissé mourir mes chants!
Mais de grandeurs la Franco dépouillét!
(üourbait son front sous le joug des méchants.
Je Kmr lançai les traits de la satire;
Pour mon bonheur l'amour m’inspirait mieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;
Kchos des bois, ivpétez mes adieux.
Déjà leur rage atteint mon indigtuice';
.\u tribunal ils trainent ma gaîté;
D’un masque saint ils couvrent leur vengeance ; Rougiraient-ils devant ma probité?
-Vh! Dieu n’a point leur cœur pour me maudiri' . L’Intolérance est fille des faux dieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;
Kchos des Ikhs, réi)étez mes adieux.
Sur des tombeaux si j’é\(Mpie la Cloinî,
Si j’ai prié pour d’illustres soldats,
.\i-je à prix d’or, aux pieds de la Victoire, Encouragé le meurtre des états?
O n’était point le soleil de l’empire Qu’à son lever je chantais dans ces lieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire;
Échos des bois, répétez nu« adieux.
* Lorsque le recueil de 48SI parut, ce fut le ministère qui força les membres du conseil de l’Université d ôlcr À l’auteur le modique emploi d’expéditionnaire qu'il occupait depuis douze ans. Au resto, on l'avait prévenu <{ue, s'il faisait imprimer ses nouvelles chansons, il perdrait cet emploi.
Que, dans l'ospoir d'luiinili(‘r ma \k>,
Uollart s’ainusi' à mesurer mes fei-s;
Mi'me aux regards de la Franee assi'rvie L'n noir eaeliot peut illustrer mes vei's.
A ses liarreaux je suspendrai ma lyre; l-a Renommée y jettera les yeux.
(lie! vaste et pur, daigne encor me souriix’;
Kchos des bois, répétez mes adieux.
Sur ma j)rison vienne au moins Philomèle!
Jadis un roi causa tous ses malheurs.
Partons : j’entends le geôlier (jui m’a|i|>elle.
.\dieu les champs, 11*8 eaux, les prés, les fleurs. Mes fers sont prêts : la lÜK'rté m’inspin* :
Je vais chanter son hymne glorieux.
Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire ;
Échos des bois, répétez mes adieux.