‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 92 sur 199 · I.’oraiîe approche, le ciel tonne · texte numérisé non relu

I.’oraiîe approche, le ciel tonne

Voilà ce que dit son courroux.

Ne souffrons point <iu’elle iMUirdonne Ou’elle liourdonne autour de nous.

(i'i^st la Raison (|ui vient me dire :

« ton âge on vit en reclus.

» Ne l)ois plus tant, cesse de riiv,

.» Os.s(' d'aimer, ne chante plus. »

•Ainsi son heffroi toiijoui's sonne Aux lueurs des feux les ]tlus doux.

Ne souffrons point (]u'elle bourdonne' Qu’elle bourdonne autour de nous.

(”est la Raison ; gare à Lisette !

Son dard la menace toujours.

Dieux ! il perce la collere'tte :

Le sang coule! accourez, •Amouî's!

•Amours, poursuivez la félonne; Qu'elle ex[)ire enfin sous vos cou|)s.

Ne soulTrons point ((u’elle Ixmrdonne Qu'elle bourdonne autour de* nous.

Victoire! amis, elle se noie Dans l’.Aï (|ue Lise; a vei'sé.

Victoire! et (ju'aux mains de la Joie Le sceptre enfin soit replacé, (hi.s.)

DK llKHANCiKD.

l’n soulllo ébranle sa couronne;

L'ne mouclic nous Iroulilait tous.

Ne craignons plus «lu’elle Ijounlonne, j ^ . Ou’elle Iwui'donnc autour do nous. )

LES U TINS DE MONTEHÉHl.

Aiu : Cr soir-là sous son ombrugr.

\ pied, la nuit, en voyage.

Je m’étais mis à l’abri Contre le vent et l’orage.

Dans la tour de Montlliéi i.

Je chantais, lorsqu’un long rire D’épouvante m’a glacé;

Puis tout haut j’entends dire ;

Notre règne est pass»*.

Des follets brillent dans l'ombre.

Et la voix que j’entendais

Se mêle aux cris d’un grand nondji'(‘

De lutins, de farfadets.

.\u bruit d’une aigre trompette Le sabbat a commencé.

Plus haut la voix lépète :

Notre ri'gne est pas,-s‘.

CHANSONS

« Non, dit la voix, plus de fôtes!

)) Esprits, vite délosçcons.

» La Raison, par scs conquêtes,

» Nous Ijannit des vieux donjons.

» \xi inonde a changé d’oracles ;

» Nos prodiges ont cessé.

» L’homme fait les miracles;

» Notre règne est passé.

» Nous donnâmes à la Grèce » (]cs dieux créés pour les sens,

>1 Dont réicmelle jeunesse » Vivait de fleurs et d’encens.

)> Dans la Gaule encor sauvage » Pour nous le sang fut versé.

» Hélas! même au village » Notre règne est passé.

» On nous vit, sous vos trophées, » Paladins et troubadours,

» Enchaîner aux pieds des fées » Les rois, h^ saints, les .Amours.

i> I,a magie à notre empire » Soumit le ciel courroucé.

» Des sorciers j’entends rire ;

» Notre règne est passi*.

» l.a Raison nous exorcise ;

» Esprits, fuyons sans i-etour. »

l.a voix SC tait... O surprisi*!

.l’ai cru voir crouler la tour.

DE HÉRANGER.

De leur retraite chérie Tous ont fui d’un vol pressé.

Au loin la voix s’écrie : Notre règne est passé.

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