‹ Œuvres complètes de P. J. de BérangerChapitre 93 sur 199 · LA COMÈTE DE · texte numérisé non relu

LA COMÈTE DE

Am : A noixante ans U ne. faut pas remettre.

Dieu contre nous envoie une comète;

A ce grand choc nous n’échapperons pas.

Je sens déjà crouler notre planète; L’Observatoire y perdra ses compas, {hi.s.) Avec la table adieu tous les convives!

Pour peu de gens le banquet fut joyeux. Jiis.) Vite à confesse allez, âmes craintives. 1 , . rinissons-(!n ; le monde est assez vieux, )

Le monde est assez vieux. {l»s.)

Oui, pauvre globe égare dans l’espace.

Embrouille enfin tes nuits avec tes jours.

Et, cerf-volant dont la ficelle casse.

Tourne en tombant, tourne et tomlie toujours. Va, franchissant des routes qu’on ignore, (kmtre un soleil te briser dans les deux.

Tu l’éteindrais; que de soleils encore!

Finissons-en : le monde est as.si'z vieux,

Le monde est assez vieux.

t'.ts

N’ost-on pas las d'ambitions vulgaires,

De sols parés de |)ompeux sobriquets,

D’abus, d’erreurs, de rapines, de guerres,

De la(|uais-rois, de peuples de laquais?

N’esl-on pas las de tous nos dieux de plâtre; Vere l’avenir las de tourner les yeux?

Ah! c’en est trop pour si petit théâtre, rinissons-en ; le monde est asst'z vieux ,

Le monde est assez vieux.

Liîs j(!unes gens me disent : Tout chemine;

A petit bruit chacun lime ses fers;

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