PAR CETTE VOIE QU^AUTREMENT
Je pourrais multiplier ces citations à l'infini; il faut se borner; passons à un autre point.
Le dernier chef d'accusation a été soutenu avec moins d'insistance; et si quelque chose m'étonne encore, c'est qu'on ne l'ait pas entièrement abandonné. Vous penserez comme moi sans doute, quand je l'aurai remis sous vos yeux.
« O vous, législateurs nommés par les préfets, prévenez ce malheur (le morcellement des grandes propriétés); faites des lois, empêchez que tout le monde ne vive! ôtez la terre au laboureur, et le
travail à l'artisan, par de bons privilèges, de bonnes corporations; hâtez- vous; Tindustrie, aux champs comme à la ville, envahit tout, chasse partout l'antique et noble barbarie : on vous le dit, on vous le crie; que tardez-vous encore? qui vous peut retenir? peuple, patrie, honneur, lorsque vous voyez là emplois, argent, cordons, et le baron de Frimont? »
Je dois vous le confesser; dans ma simplicité, j'avais imaginé que, par une méprise étrange, mais qui n'est pas plus étrange que le reste de l'accusation, le ministère public avait pris au sérieux les conseils ironiques de l'auteur, et qu'il allait lui reprocher d'avoir engagé les pouvoirs législateurs à faire des lois pour empêcher que tout le monde ne
vive, etc., etc C'est ainsi seulement que je
concevais la possibilité d'une accusation d'outrage à la morale publique, et je me promettais de vous désabuser facilement.
Je m*'étais trompé, l'accusation a pris une autre marche, et ici je ne la comprends plus.
S'il s'agissait d'une accusation politique, je la trouverais seulement très-mal fondée; mais enfin je la concevrais, puisque le passage a trait à la politique ; mais c'est une accusation de morale publique qu'on vous présente: or, qu'ont de commun avec la morale publique le mode d'élection des députés et la recomposition de la grande propriété?
C'est insulter la nation que de prétendre qu'elle abandonne à ses préfets le choix de ses législateurs. Toujours des reproches étrangers à la question! Mais qu'a donc écrit ici M. Courier que le gouvernement lui-même n'ait dit cent fois à la tribune? Les ministres ne nous ont-ils pas souvent entretenus de la nécessité de donner au gouvernement de l'influence dans les élections? Et comment le gouvernement exerce-t-il cette influence? Par ses agents, apparemment? Et ces agents, qui sontils dans les départements? Les préfets! Qu'a donc dit M. Courier?
Vous offensez les chambres, en les supposant disposées à faire des lois pour ôter le pain au laboureur. Encore une accusation étrangère au procès, car nous ne sommes point accusés d'offense envers les chambres, mais d'outrages à la morale publique.
Je répondrai d'un seul mot : si les chambres se croyaient offensées, elles avaient droit de rendre plainte et de provoquer des poursuites. Elles ne l'ont pas fait : elles ne se sont donc pas jugées offensées; et vous, vous n'avez pas droit, quand elles gardent le silence, de devancer leur plainte et d'agir sans leur provocation.
Avant de quitter cette discussion, je veux. Messieurs les jurés, vous proposer une épreuve irrécusable pour discerner la vérité de Terreur, et pour apprécier les charges de l'accusation. Vous n'igno-
rez pas, et c'est un des plus simples axiomes de la logique, que le contraire d'une proposition fausse est nécessairement une proposition vraie : par la même raison, toute proposition qui outragera la morale publique aura nécessairement pour contraire une vérité fondamentale de morale publique. Ainsi, qu'un auteur fasse l'apologie du larcin ou du mensonge, vous n'aurez qu'à renverser sa proposition, et vous trouverez que le mensonge, que le larcin, sont des actions répréhensibles : ce sont là, en effet, des principes de morale incontestables.
Si, au contraire, la proposition ainsi renversée ne nous donne qu'un sens insignifiant, indifférent ou ridicule, il est évident que la proposition primitive ne renfermait pas d'outrage à la morale publique.
Appliquons aux propositions incriminées cette méthode d'appréciation.
La Cour donne tout aux princes-
Les prêtres donnent tout à Dieu;
Les apanages, les listes civiles ne sont pas pour les princes;
Le revenu des abbayes n'est pas pour Jcsus- Christ;
Le prince, à Chambord, apprendra ce que peuvent enseigner Chambord et la Cour;
J'aimerais mieux qu'il vécût avec nous qu'avec ses ancêtres;
Les courtisans s'enrichissent par la prostitution;
Les préfets ont beaucoup d'influence dans la no~ mination des députés...
Prenons les propositions inverses, et voyons quel est le catéchisme de morale publique que le ministère accusateur voudrait nous faire adopter :
La Cour ne donne rien aux princes;
Les prêtres ne donnent rien à Dieu;
Les apanages, les listes civiles sont exclusivement pour les princes;
Le revenu des abbayes est exclusivement pour Jésus- Christ ;
Le prince n'apprendra pas à Chambord ce que peut enseigner Chambord ;
J'aimerais mieux qu'il vécût avec ses ancêtres qu'avec nous;
Les courtisans ne s'enrichissent pas par la prostitution ;
Les préfets n'ont aucune influence sur la nomination des députés.
Voilà ces hautes vérités morales que le ministère public veut nous contraindre d'observer, à peine d'amende et de prison ! Messieurs, il n^en faut pas davantage. Il n'est point de subtilité, point de sophisme, qui puissent résister à cette épreuve aussi simple qu'infailHble : vous en avez vu les résultats; l'accusation est jugée.
Si, après cette épreuve, vous condamnez l'écrit
25o PROCES
qui vous est déféré, plus de loi qui puisse rassurer les citoyens, plus d'écrit qui ne puisse être condamné, plus d'écrivain qui soit assuré de conserver sa fortune et sa liberté. L'accusation d'outrage à la morale publique va devenir pour la France ce que fut, pour Rome dégénérée, l'accusation de lèsemajesté.
C'est à vous de conserver à la loi son empire, à la liberté ses garanties ; c'est à vous d'empêcher que ce glaive de la justice ne s'égare, et, par un abus déplorable, ne devienne l'instrument des amours-propres offensés.
Il est, vous le savez, deux sortes de jugements: les uns, fruits de l'erreur, des préventions ou des ressentiments, sont l'etîroi de la société; l'opinion publique les dénonce à l'histoire, et l'inexorable histoire les inscrit sur ses tables vengeresses; les autres, dictés par l'équité, rassurent le corps social, affermissent les États, et sont transmis par la reconnaissance publique à l'estime de la postérité. Voilà quel jugement nous attendons de vous : j'ose croire que cette attente ne sera point trompée.
Ainsi parla M° Berville, avec beaucoup de facilité, de netteté dans l'expression, et assez de force parfois. A ce discours Paul-Louis voulait ajouter quelques mots; mais ses amis l'en empêchèrent, en
DE PAUL-LOUiS COURIER 25l
lui remontrant qu'il n'avait de sa vie parlé en public, et que ce serait un vrai miracle qu'il pûi soutenir les regards de toute une assemblée ; qu'ignorant entièrement les convenances du barreau, où s'est établie une sorte de cérémonial, d'étiquette gênante, impossible à deviner, il ferait des fautes dont ses ennemis ne manqueraient pas de profiter, et demeurerait étonné à la moindre contradiction ; qu'il n'avait là pour lui que le public, auquel on imposait silence, dont même il risquait de diminuer à son égard la bienveillance par une harangue mal dite, peu entendue, interrompue ; que les gens de lettres qui avaient tenté cette épreuve avec moins de désavantage s'en étaient rarement bien tirés; qu'il ne devait pas se flatter, pour avoir su écrire quelques brochures passables, de pouvoir aussi bien se faire entendre de vive voix, ces deux arts n'étant pas seulement fort différents en plusieurs points, mais contraires autant que l'est la concision, qui fait le mérite des écrits, au langage diffus de la tribune; qu'enfin, piqué comme il l'était et de l'absurdité de l'affaire en elle-même, et du choix des jurés, et de la mauvaise foi du procureur du roi, et de la partialité servile du président, il ne pouvait manquer de s'exprimer vivement, avec peu de mesure, et de gâter sa cause aux yeux de tout le monde.
Il se rendit à ces raisons, et prit patience, en
zSa PROCÈS
enrageant de ne pouvoir au moins répondre, et confondre le mauvais sens de ses accusateurs, chose facile assurément, car, s'il n'eût mieux aimé déférer en cela aux conseils des gens sages qui lui veulent du bien, soit par attachement personnel ou conformité de principes, il eût prononcé ce discours, ou quelque chose d'approchant :
Messieurs,
Dans ce que vous a dit M. l'avocat général, je comprends ceci clairement. Il désapprouve les termes dont je me suis servi pour désigner la source, respectable selon lui, très-impure selon moi, des fortunes de Cour, et la manière aussi dont j''ai parlé des grands dans l'imprimé qu'il vous dénonce comme contraire à la morale, scandaleux, licencieux, horrible. Pour moi, aux premières nouvelles d'une pareille accusation, à laquelle je m'attendais peu, sûr de mon intention, n'ayant à me reprocher aucune pensée qui méritât ce degré de blâme, je crus d'abord qu'aisément j'avais pu me méprendre sur le sens de quelques mots, et donner à entendre une chose pour une autre, en expliquant mal mes idées. Car, comme savent assez ceux qui se mêlent un peu de parler ou d'écrire, rien n'est si rare que l'expression juste : on dit presque toujours plus ou moins qu'on ne veut dire, et, par Fexemple même
de M. Tavocat du roi, qui me nomme ici libelliste,
homme avide de gain, spéculateur d'injure et de
diffamation, vous avez pu juger combien il est plus
facile d'accumuler dans un discours ces traits de la
haute éloquence que d'appliquer à chaque chose le ton, le style, le langage qui conviennent exactement.
Je crus donc avoir failli. Messieurs, et ne m'en étonnais en aucune façon. Il m'est rarement arrivé, dans ma vie, de lire une page dont je fusse satisfait, bien moins encore d'écrire sans faute. Mais, en examinant ceci attentivement, avec des gens qui n'ont nulle envie de me flatter, considérant le tout, et chaque phrase à part, chaque mot, chaque syllabe (je vous dis la pure vérité), nous n'y avons trouvé à reprendre qu'une seule chose, mais grave et fâcheuse vraiment pour l'auteur, une chose dont M. le procureur du roi ne s'est point avisé, c'est que cet écrit n'apprend rien : dans les passages inculpés, ni dans le reste de l'ouvrage, il n'y a rien de nouveau, rien qui n'ait été dit et redit mille fois. En effet, qu'y voit-on ? les vices de la Cour, les bassesses, la lâcheté, l'hypocrisie, l'avidité, la corruption des courtisans. A proprement parler, l'auteur de ce pamphlet est un homme qui crie : Venez, accourez, voyez la malice des singes, le venin des reptiles, et la rapacité des animaux de proie : j'ai découvert tout cela. Que sa naïveté
vous amuse un moment, riez-en, si vous voulez ; mais le condamner après comme ayant outragé ces classes distinguées de malfaisantes bêtes, l'envoyer en prison, ah ! ce serait conscience.
Pas un mot. Messieurs, pas un mot ne se trouve dans cet imprimé qui ne soit partout dans les livres que chacun a entre les mains, et que vous approuvez comme bons. Mon avocat vous l'a fait voir par de nombreuses citations; non-seulement les orateurs, les historiens, les moralistes, mais les prédicateurs et les Pères de l'Eglise ont dit ces mêmes choses, déjà dites avant eux et connues de tout temps. Tellement qu'il paraîtrait bien que Fauteur d'un pareil écrit, si ce n'est ignorance à lui et simplicité villageoise d'avoir cru dignes de Timpression des observations si vulgaires, s'est un peu moqué du public, en lui débitant pour nouveau ce que les moindres enfants savent. Mais quelle loi du Code a prévu ce délit ?
Quant aux expressions qui déplaisent à vous, Monsieur le président, à Monsieur l'avocat du roi, débauche, prostitution, et autres que je ne feindrais non plus de répéter, c'est une grande question entre les philosophes, de savoir si l'on peut pécher par les paroles, quand le sens du discours en soi n'a rien de mauvais, comme lorsqu'on blâme certains vices en les appelant par leur nom. La dispute est ancienne, cl ce sont, notez bien, ce sont les
sectes rigides qui croient les mots indifférents. Nous autres, paysans, tenons cette opinion de nos maîtres stoïques, gens de travail jadis. Nous regardons aux actes surtout, au langage peu : le sens, dans le discours, non les termes, nous touche. Mais d'autres pensent autrement, et les sages, suivant la Cour, parmi lesquels on peut compter messieurs les procureurs du roi, sont farouches sur les paroles. La morale est toute dans les mots, selon eux, plus sévères que ceux qui la mettent toute dans les grimaces. Ainsi, qu'on joue sur vos théâtres Georges Dandin et d'autres pièces où l'adultère est en action, mais où le mot ne se prononce pas, ils n'y voient rien à redire, rien contre la morale publique, et applaudissent à la peinture des vieilles mœurs qu''on veut nous rendre. Moi, que je me trouve là par hasard, homme des champs, dont les paroles vous scandalisent, Monsieur l'avocat général, je rougis en voyant représentée, figurée, en public admirée, la dégoûtante débaucha, la corruption infecte ; je murmure, et c'est moi qui offense la morale. On me le prouvera bien. Autre exemple : en tous lieux, et même dans les églises, j'entends chanter ici Charmante Gabrielle, au grand contentement de tous les magistrats conservateurs des mœurs. Apprenant ce que c'est que cette Gabrielle, je m'écrie aussitôt : Infâme créature, débauchée, prostituée ! Là-dessus, réquisitoire, mandat de com-
paroir. Pour venger la morale, le procureur du roi conclut à la prison. Est-ce le fait? Oui, Messieurs : 'ai parlé des vieilles mœurs qu'on nous prêche auourd'hui, de la vieille galanterie des cours que 'on nous vante; sans cacher ma pensée, ni voiler mes paroles, j'ai dit sale débauche, infâme prostitution, et me voilà devant vous, Messieurs.
Mais je suis du peuple; je ne suis pas des hautes classes, quoi que vous en disiez, Monsieur le président; j'ignore leur langage, et n'ai pas pu l'apprendre. Soldat pendant longtemps, aujourd'hui paysan, n'ayant vu que les camps et les champs, comment saurais-je donner aux vices des noms aimables et polis? Peut-être aussi ne le voudraisje pas, s'il était en moi de quitter nos rustiques façons de dire pour vos expressions, vos formules. Dans cet écrit, d'ailleurs, je parle à des gens comme moi, villageois, laboureurs, habitants des campagnes; et, si l'on m'imprime à Paris, vous savez bien pourquoi. Messieurs: c'est qu'ailleurs il y a des préfets qui ne laissent pas publier autre chose que leur éloge. Les gens pour qui j'écris n'entendent point à demi-mot, ne savent ce que c'est que finesse, délicatesse, et veulent à chaque chose le nom, le nom français. Leur ayant dit maintes fois: nous valons mieux que nos pères (proposition qui m'a toujours paru sans danger, car elle n'ofîcnsc que les morts), pour le prouver il m'a fallu leur dire les mœurs du
DE PAUL-LOUIS COURIER sSy
temps passé. J'ai cru faire merveille d'user des termes mêmes de tant d'auteurs qui nous ont laissé des mémoires; puis il se trouve que ces termes choquent le procureur du roi, qui les approuve dans mes auteurs, et les poursuit partout ailleurs. Pouvais-je deviner cela, prévoir, me douter seulement que des traits délicieux, divins, venant d'une marquise de Sévigné, d'une mademoiselle de Montpensier, ou d'une princesse de Conti, répétés par moi, feraient horreur, et que les propres mots de ces femmes célèbres, loués, admirés dans leurs écrits, dans les miens seraient des attentats contre la décence publique ?
Oh! que vous serez bien surpris, bonnes gens du pays, mes voisins, mes amis, quand vous saurez que notre morale, à Paris, passe pour deshonnête; que ces mêmes discours, qui là-bas vous semblaient austères, ici alarment la pudeur et scandalisent les magistrats! Quelle idée n'allez-vous pas prendre de la sévérité, de la pureté des mœurs dans cette capitale, où l'on met au rang des vauriens, on interroge sur la sellette l'homme qui chez vous parut juste, et dont la vie fut au village exemple de simplicité, de paix, de régularité! Tout de bon. Messieurs, peut-on croire que cette accusation soit sérieuse? Le moyen de se l'imaginer? Où trouver la moindre apparence, le moindre soupçon d'offense à la morale publique, dans un écrit dont le public, non-seulement approuve Courier. I. 3 3
la morale, mais la juge même trop rigide pour le train ordinaire du monde, et dont plusieurs se moqueraient comme d'un sermon de janséniste, s'il n'était appuyé, soutenu de la pratique et de la vie tout entière de celui qui parle? En bonne foi, je commence à croire qu'il y a du vrai dans ce qu'on m'a dit. Ce sont des gens instruits de vos façons d'agir, Messieurs les procureurs du roi, qui m'ont averti de cela. Dans les écrits, vous attaquez rarement ce qui vous déplaît. Quand vous criez à la morale, ce n'est pas la morale qui vous blesse. Ici, après beaucoup d'hésitation, de doute, pour fonder une accusation, vous prenez quelques passages, les plus abominables, les plus épouvantables que vous ayez pu découvrir , et ces passages, les voici : écoutez, de grâce. Messieurs; juges et jurés, écoutez, si vous le pouvez, sans frém'T, ces horreurs que l'on vous dénonce : Les prêtres donnent tout à Dieu; les leçons de la Cour ne sont pas les meilleures; les préfets quelquefois font des législateurs; nos princes avec nous seraient mieux qu'avec leurs ancêtres. C'est là ce qui vous émeut, avocats généraux et procureurs du roi ! Pour cela vous faites tant de bruit? Votre zèle s'enflamme, et la fidélité... Non, vous avez beau dire, il y a quelque autre chose; si tout était de ce ton dans le pamphlet que l'on poursuit au nom de la décence et des mœurs, si tout eût ressemblé à
ces phrases coupables, on n'y eût pas pris garde, et la morale publique ne serait pas offensée. Prenez, Messieurs, ouvrez ce scandaleux pamphlet aux passages inculpés, calomnieux, horribles, pleins de noirceur, atroces. Vous êtes étonnés, vous ne comprenez pas ; mais tournez le feuillet, vous comprendrez alors, vous entendrez l'affaire ; vous devinerez bientôt et pourquoi l'on se fâche, et d'où vient qu'on ne veut pas pourtant dire ce qui fâche. Feuilletez, Messieurs, lisez : Un prince... Vous y voilà; un jeune prince, au collège... C'est cela même. Que dis-je ? Il s'agit de morale, de la morale publique ou de la mienne, je crois, ou de celle du pamphlet. N'importe; la morale est l'unique souci de ceux qui me font cette affaire ; ils n'ont point d'autre objet, ne voient autre chose ; ils chérissent la morale et la Cour tout ensemble, l'une et l'autre en même temps. Pourquoi non ? Des gens ont aimé la liberté et Bonaparte à la fois, indivis.
Mais que vous fait cela, vous, Messieurs les jurés? vous n'êtes pas de la Cour, j'imagine. Etrangers à ses momeries, vous devez vouloir dans vos familles la véritable honnêteté; non pas un jargon, des manières. Conterez-vous, sortant d'ici, à vos femmes, à vos filles : « Un homme a osé dire que les dames d'autrefois, ces grandes dames qui vivaient avec tout le monde, excepté avec leurs maris,
étaient d'indignes créatures ; il les appelle des prostituées : j'ai puni cet homme-là, je l'ai déclaré coupable ; on va le mettre en prison pour la morale? » Jurés, si vous leur contez cela, ne manquez pas après de leur faire chanter Charmante Gabrielle, et d'ajouter encore : « Oui, mes filles, ma femme, cette Gabrielle était une charmante personne. Elle quitta son mari pour vivre avec le roi, et, sans quitter le roi, elle vivait avec d'autres. Aimable friponnerie, fine galanterie, coquetterie du beau monde ! Il y a des gens, mes filles, ^ui appellent cela débauche : ils offensent la morale, et ce sont des coquins qu''il faut mettre en prison. Evitez, sur toutes choses, les mots, mes filles, les mots de débauche, d'adultère, et, tant que vous vivrez, gardez-vous des paroles qui blessent la décence, le bon ton : ainsi faisait la charmante Gabrielle. »
Voilà ce qu'il vous faudra dire dans vos familles si vous me condamnez ici, et non-seulement à vos familles, mais à toutes vous recommanderez de tels exemples, de telles mœurs. Autant qu'il est en vous, de la France industrieuse, savante et sage qu'elle est, vous ferez la France galante d'autrefois; chez vous, dans vos maisons, vous prêcherez le vice, en me punissant, moi, de l'avoir blâmé ailleurs. Femmes, quittez ces habitudes d'ordre, de sagesse, d'économie ; tout cela sent le siècle présent. Vivez à la mode des vieilles cours, non
comme ces Ninon de l'Enclos, qui restaient filles, ne se mariaient point pour pouvoir disposer d'ellesmêmes, redoutaient le nœud conjugal, mais comme celles qui le bravaient, moins timides, s'engageaient exprès afin de n'avoir aucun frein, se faisaient épouses pour être libres; qui..., prenons garde d'offenser encore la morale ! comme ces belles dames, enfin, dont la conduite est naïvement représentée dans l'écrit coupable. Il y aura cela de curieux dans votre arrêt, s'il m'est contraire, que, ne pouvant nier la vérité de cette peinture des anciennes mœurs (car qu'opposer au témoignage des contemporains?), tout en avouant qu'elles étaient telles, vous me condamneriez seulement pour les avoir appelées mauvaises. Ainsi vous les trouveriez bonnes, et engageriez un chacun à les imiter, chose peu croyable de vous, jurés, à moins que vous n'ayez des grâces à demander, des faveurs, et vos profits particuHers sur la dépravation commune.
Il serait aussi bien étrange qu'ayant loué le présent aux dépens du passé, je n'en pusse être absous par vous, gens d'à présent, par vous, magistrats, qui vivez de notre temps, ce me semble; que vous me fissiez repentir de vous avoir jugés meilleurs que vo^ devanciers, et d'avoir osé le publier, car cela même est exprimé ou sous-entendu dans l'imprimé qu'on vous dénonce et où je soutiens, bien
OU mal, que le monde actuel vaut au moins celui d^autrefois, ce qui suppose que je vous préfère aux conseillers de chambre ardente, aux juges d'Urbain Grandier, de Fargue, aux Laubardemont, aux d'Oppède, vous croyant plus instruits, plus justes, et même... oui, Messieurs, moins esclaves du pouvoir. Est-ce donc à vous de m'en dédire, de me prouver que je m'abusais, et serais-je, par vous, puni de vous avoir estimés trop ? J'aurais meilleur marché, je crois, des morts dont j'ai médit, si les morts me jugeaient, que des vivants loués par moi. Tous les écoliers de Ramus, revenant au monde aujourd'hui, conviendraient sans peine que les nôtres en savent plus qu'eux, et sont plus sages, car au moins ils ne tuent pas leurs professeurs. Les dames galantes de Brantôme, en avouant la vérité de ce que j'ai dit d'elles, s'étonneraient du soin qu'on prend de leur réputation. Si j'osais évoquer ici, par un privilège d'orateur, l'ombre du grand Laubardemont, de ce zélé, de ce dévoué procureur du roi en son temps, il prendrait mon parti contre son successeur; il serait avec moi contre vous. Monsieur l'avocat général, et vous soutiendrait que vous et nous en tout vivons mieux que nos anciens, comme je l'ai dit, le redis et le dirai, dussiez-vous, Messieurs, pour ce délit, me condamner au maximum de la peine. Mais n'en faites rien, et plutôt écoutez ce que j'ajoute ici. J'ai employé beaucoup
d'étude à connaître le temps passé, à comparer les hommes et les choses d'autrefois avec ce qui est aujourd'hui, et j'ai trouvé, foi de paysan, j'ai trouvé que tout va mieux maintenant, ou moins mal. Si quelques-uns vous disent le contraire, ils n'ont pas, comme moi, compulsé tous les registres de l'histoire pour savoir à quoi s'en tenir. Ceux qui louent le passé ne connaissent que le présent.
Ainsi de la morale, Messieurs: c'est moi qu'il en faut croire là-dessus, et non pas le procureur du roi. J'en sais plus que lui sans nul doute, et mon autorité prévaut sur la sienne en cette matière. Pourquoi ? Par la même raison que je viens de vous dire, l'étude, qui fait que j'en ai plus appris, et par d'autres raisons encore, car la morale a deux parties, la théorie et la pratique. Dans la théorie, je suis plus fort que messieurs les procureurs du roi, ayant eu plus qu'eux le loisir et la volonté de méditer ce que les sages en ont écrit depuis trois mille ans jusqu'à nos jours. Mes principes... fiez-vous-en, Messieurs, à un homme qui chaque jour lit Aristote, Plutarque, Montaigne, et l'Évangile dans la langue même de Jésus-Christ. Le procureur du roi en dirait-il autant, lui, occupé de toute autre chose ? car enfin les devoirs de sa charge, les soins toujours assez nombreux d'une louable ambition, sans laquelle on n'accepte point de tels emplois, et d'autres devoirs qu'impose la
société à ceux qui veulent y tenir un rang : visites, assemblées, jeu, repas, cérémonies, tant de soucis, d'amusements, laissent peu de temps à l'homme en place pour s'appliquer à la morale, que j'étudie sans distraction. Je dois la savoir, et la sais mieux, n'en doutez pas; et voilà pour la théorie. Quant à la pratique, ma vie laborieuse, studieuse, active, chose à noter, et contemplative en même temps, ma vie aux champs, libre de passions, d'intrigues, de plaisirs, de vanités, me donnerait trop d'avantages dans quelque parallèle que ce fût ; et je puis, je dois même dire que je ferais honneur à ceux avec qui je me comparerais, fût-ce même avec vous. Monsieur le procureur du roi. Oui, sur ce banc où vous m'amenez, et où tant d'autres se sont vu condamner à des peines infâmes, sur ce banc même, je vous le dis, ma morale est au-dessus de la vôtre à tous égards, sous quelque point de vue qu'il vous plaise de l'envisager ; et si l'un de vous en devait faire des leçons à l'autre, ce ne serait pas vous qui auriez la parole: par où j'entends montrer seulement que je ne me tiens point avili de l'espèce d'injure que je reçois, et dont la honte, s'il y en a, est et demeurera toute à ceux qui s'imagineraient m'outrager.
En effet, le monde ne s'abuse point, et les sentences des magistrats ne sont flétrissantes qu'autant que le public les a confirmées. Caton fut condamné
cinq fois; Socrate mourut comme ayant offensé la morale. Je ne suis Caton ni Socrate, et sais de combien il s'en faut. Toutefois me voilà dans le même chemin, poursuivi par les hypocrites et les flatteurs de la puissance. Quel que soit votre arrêt, Messieurs, et ceci, j'espère, ne sera point pris en mauvaise part, oui, Messieurs, je veux qu'on le sache, et regrette qu'il n'y ait ici plus de gens à m'écouter, en respectant votre jugement, je ne l'attends pas néanmoins pour connaître si j'ai bien fait. J'en aurais pu douter avant ce qui m'arrive, n'ayant encore que la conscience de mon intention. Mais, par le mal que l'on me veut, je comprends que mon oeuvre est bonne. Aussi n'aurais-je fâché personne, si personne ne m'eût applaudi. La voix publique, se déclarant autant qu'elle le peut aujourd'hui, m'apprend ce que je dois penser, et ce que sans doute vous pensez avec tout le monde, de l'écrit qu'on accuse devant vous. Parmi tant de gens qui l'ont lu, de tout âge, de. toute condition, j'ajoute même encore et de toute opinion, je n'ai vu nul qui ne m'en parût satisfait quant à la morale, et, grâce au Ciel, je suis d''un rang, d'une fortune qui ne m'exposent point à la flatterie. Une chose donc fort assurée, dont je ne puis faire aucun doute, c'est que le public m'approuve, me loue. Si cependant. Messieurs, vous me déclarez coupable, j'en souffrirai de plus d'une façon, outre
le chagrin de n'avoir pu vous agréer, comme à tant d'autres; mais j'aime mieux qu'il soit ainsi que si le contraire arrivait, et que je fusse absous par vous, coupable aux yeux de tout le monde.
"Voilà ce que Paul- Louis voulait dire. Ces paroles, et d'autres qu''il eût pu ajouter, n'eussent pas été perdues peut-être, car, en de tels débats, la voix de l'accusé a une grande force ; mais peutêtre aussi n'eût-il pas empêché par là les jurés de le condamner, comme ils ont fait, unanimement et quasi sans délibérer, tant le fait leur parut éclairci par la lumineuse harangue de M. l'avocat général. Le président posa deux questions : Paul-Louis estil coupable? Oui. Bobée est-il coupable? Non. La cour renvoie Bobée, condamne Paul-Louis à deux mois de prison et 200 francs d'amende. Appel en cassation. Si le pourvoi est admis, l'accusé parlera, et touchera des points qui sont encore intacts dans cette affaire vraiment curieuse.
APPENDICE
Nous donnons ici en appendice Us variantes de l'Essai d'Armand Carrel, que nous avons signalées dans notre avertissement. Le texte que nous avons suivi se trouve dans la colonne à gauche, et celui de l'édition Didot dans la colonne à droite. Nous avons mis en italique les mots changés ou ajoutés : quant aux mots supprimés, ils sont indiqués par des points.
On trouvera aussi, après ces variantes, deux notes relatives au texte de Courier.
Page I , ligne i . — La vie d'un écrivain distingué par une très-grande originalité.
I, 5 — qui n'a point dans sa jeunesse suivi.
I , I 3 — développé, complété par un grand nombre de situations.
2,33 — de notre langue.
3, 8 — et plus constamment dirigé vers un même objet.
— La^vie d'un grand écrivain.
— qui n'a point suivi.
— développé à travers un grand nombre de situations.
— de notte littérature.
APPENDICE
4, 3 3 — Ceci ne sera point pris pour exagération.
4, 38 — obtenant quelque commune et obscure mention.
5, I — qu'elle a tâché d'immortaliser.
5, 2 3 — des braves qui ne sont que cela.
5, 89 — un écrivain comme la France n'en avait point possédé.
6, 2 3 — sont enveloppées, confuses, soigneusement silencieuses sur les affaires.
7,6 — eijt ravi.
7, 1 3 — une raison, une force, une sijreté de coup, toujours terrassantes pour l'abus vivant qu'il voulait accabler.
7, 19 — étaient bien faits pour rebuter un aussi tiède champion de la Révolution que l'était Courier.
7, 2 3 — il paraît qu'il eut pour abandonner son parti un motif, sinon plus naturel, au moins plus honorable.
8, 12 — la réaction de mœurs nationales, quelapremière période du Directoire vit éclater contre les vertus décrétées par la Convention,
— Ceci n'est point une exagération.
— obtenant une mention plus ou moins brillante.
— qu'elle a eu soin d'immortaliser.
— des braves qui ne sont que braves.
— un écrivain tel que la France n'en avait pas eu.
— sont, comme toutes celles de l'époque, retenues, mystérieuses, faisant à peine allusion aux affaires.
— eiJt charmé.
— une raison, une force, une sijreté d'application, toujours accab/a/i/es pour /espu/siances qu'il voulait abattre.
— sont peut-être la plus rude épreuve qu'aient eue à subir nos armées républicaines. Le maréchal Gouvion Saint-Cyr en fait dans ses Mémoires une peinture lamentable.
— il paraît qu'il eut pour abandonner son poste un motlfplusexcusableque la crainte d'être surpris par le froid dans la tranchée et cristallisé.
— la réaction non sanglante, mais fort bruyante, que la première période du Directoire vit éclater contre raus/eV/7e décrétée par la Con-
APPENDICE
réaction plus emportée dans le Midi que partout ailleurs.
8, 20 — Sa gaieté, sa verve comique, qui n'étaient pas encoretournéesàlasatire, à l'humorisme, le firent rechercher des femmes, qu'il idolâtrait. Il plut, et plut si bien, etc.
8, 26 — fort savant et grand amateur d'antiquités.
9, 36 — d'être rendues publiques dans le temps.
i3, Î2 — le plus habilement déduit, et certainement le plus élégamment écrit.
i3, 38 — le grand art de style.
i5, 8 — La Convention l'avait repoussé comme violente et impitoyable.
16, 7 — il fallait en être sorti.
19, I — Peut-être qu'un peu honteux de son équipée de Wagram, il voulut se tromper lui-même par cette e.\agéraiion.
vention, reaction plus emportée et plus folle dans le Midi que partout ailleurs.
— Sa gaieté, sa verve comique, qui n'étaient pas encore tournées à la satire et à l'amertume, le firent rechercher des femmes Il plut. . .
si bien, etc.
— fort savant et antiquaire d'un grand goût.
— d'être rendues publiques à l'époque où elles furent écrites.
— le plus habilement
et le plus élégamment écrit.
— le grand style.
— La Convention, (7 l'avait repoussée comme violente et impitoyable.
— il fallait en être à distance.
— A la vérité, on pouvait mieux tomber qu'à Essling et Wagram pour saisir et voir en quelqlte sorte opérer le génie militaire de Bonaparte. Ce n'est pas à ces deux sanglantes journées, mais aux quinze jours de marches et d'opérations qui les amenèrent, que la campagne de 1809 doit sa juste immortalité. Courier l'eut compris mieux que personne, SI ses émotions de Wagram ne l'eussent brouillé sans retour avec la guerre.
syo
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19, 9 — à un travail qui enrichissait la littérature.
19, 1 1 — le précieux morceau.
19, 12 — qui sembla la destruction du palladium de Florence.
19, 17 — des cuistres.
19, 21 — de cette verve d'insolence un peu abandon- ■•née.et pourtant de bon goijt.
19, 24 — avec cela le style des Provinciales.
19, 27 — l'opinion en France.
20, I — une plume si hardie : prudence qu'il observa.
20, 9 — furent des événements trop pressés, trop coup sur coup, pour tirer immédiatement Courier.
20, 12 — il y trouvait également de quoi plaindre et de quoi espérer.
20, 17 — la vieille cause de Jemmapes.
20, 24 — et prendre insolemment.
21, i — En prenant le parti d'élever la voix.
21,6 — pouvait prendre la couleur du patriotisme.
21, II — Ce qui était le fait.
2 1,32 — 11 ne se fit pas longtemps attendre.
2 3,3 — qu'il était ridicule.
— au bonheur de sa découverte.
— le précieux passage.
— qui sembla, en barbouillant trois mots grecs, avoir détruit le palladium de Florence,
— des bouquinistes.
— de cette verve de raillerie méprisante et cruelle.
— et c'était le style des Provinciales.
— l'opinion française.
— une plume qui venait de révéler sa terrible puissance : il se le tint pour dit.
— se succédèrent trop rapidement pour tirer... Courier.
— il y voyait à gémir à la fois et à espérer.
— la vieille cause de Fleurus.
— et revendiquer insolemment.
— en se déterminant à élever la voix.
— prenait sans effort le caractère du patriotisme.
— Ce qui était parfois le fait.
— Son début ne se fit pas longtemps attendre.
— qu'il éuit peu conséquent.
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23, 7 — Mais, si Courier s'était trompé sur la moralité ou la convenance du procédé.
2 3, 9 — (Après les mots o à un auteur », la phrase ci-contre a été ajoutée. )
2 3, 12 — ( Après les mots a ce petit écrit », on a ajouté le membre de phrase ci-conire.)
23, 12 — Nulle part Courier.
24, II — cette ingénuité d'opinion.
24,38 — dont voilàmaintenant l'anonyme assez dévoilé.
25, 4 — jeté avec tant de bonne foi sur elle.
26, 2 — telle qu'on l'émet.
26, 2 3 — élaborés dans le cabinet.
26, 28 — détention de trois mois.
27, I — connaissaient la lenteur habituelle à Courier dans ses compositions.
27, 9 — (Après les mots « le plus rigoureux », on a ajouté les mots ci-contre. )
27, 20 — le meurtre si la preuve vient qu'il a succombé.
— Si Courier était coupable ici de quelque légèreté.
— Sa lettre, aujourd'hui si admirée, n'eut d'abord point de succès.
— ou plutôt on fut sciemment injuste, parce que la personnalité maniée si cruellement effraye jusqu'aux rieurs, pour peu qu'ils soient exposés à rencontrer un si terrible homme et à lui déplaire.
— Nulle part cependant Courier.
— cette ingénuité de 6onne opinion.
— dont l'anonyme est assez dévoilé.
— jeté sur elle avec un sentiment si juste de sa valeur d'écrivain.
— telle qu'on l'inscrit.
— ca/cu/e's dans le cabinet.
— détention de deux mois.
— avaient entendu parler de la sévérité et de la nécessaire lenteur que Courier apportait dans ses compositions.
— le plus élevé, le plus entraînant.
— qui le pousse au meurtre si la peur de voir révéler son secret l'a saisi.
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28, 14 — n'ajoutent point au sens.
28, 3 3 — (Après « l'émule heureux de Pascal », on a ajouté les mots ci-contre. )
3o, 6 — accumulées en lui.
3o, 10 — Voilà l'écrivain que la France a perdu dans toute la vigueur de son talent, et la tête plus que jamais pleine de projets, le ]o avril 1825, atteint d'un coup de fusil à quelques pas de sa maison.
3o, 37 — des oppresseurs de grande et de petite taille.
— n'ajoutent pas toujours au sens.
— l'imitateur heureux de tout ce qu'il y a jamais eu d'inimitable.
— acquises par lui.
— Voilà l'écrivain que la France a perdu dans toute la vigueur de son talent, et la tète plus que jamais pleine de projets. L'Europe sait que Paul-Louis Courier a été, le 10 avril 1825, atteint d'un coup de fusil à quelques pas de sa maison, et qu'il est mort sur la place.
— des oppresseurs de grande et de petite taille , héros ou cagots.
— Pages 121, dernière ligne, et 122, ligne i, il faudrait, ce nous semble, ou s'en trouve-t-il, ou autorisât. Mais nous avons reproduit la phrase telle qu'elle se trouve dans l'édition que nous suivons.
— Page 248, avant-dernière ligne. Il y a dans l'édition de 1829 : o qu'il véciît encore », mais nous n'avons pas maintenu ce dernier mot, dont la présence ici n'est que le fait d'une erreur typographique. On peut s'en convaincre en se reportant, dans le Simple Discours, au texte même de cette phrase, qui en est un extrait.